Resquille perfide (4)

C'est l'histoire du verre à moitié vide et/ou à moitié plein.

Le vin a bien été intégré dans le patrimoine culturel et Gastronomique Protégé de la France, mais pas tout seul et loin de là puisque l'ont rejoint les spiritueux, la bière, le cidre et le poiré.
 Il s'agit donc d'une intégration diluée.
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Notons qu'en ce qui concerne le cidre et le poiré, cette compagnie nous gêne un peu moins car il s'agit aussi de jus de fruits fermentés.
 Et dans le cas du cidre, il s'agit aussi d'une boisson bimillénaire, puisqu'il était fabriqué dès l'antiquité au pays basque.
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Mais voyons comment se sont comporté les députés : quels sont ceux qui méritent la gratitude des défenseurs du vin ?
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Ont introduit des amendements demandant le retour à la version sénatoriale :
 Mmes Marie-Hélène Fabre, Martine Faure et MM. Gilles Savary, William Dumas et Pierre Aylagas : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2066/AN/1043.pdf.
On peut regretter que malgré l'appartenance de tous ces députés au même parti, il n'ait pas été possible de fusionner ces 2 propositions.
 On peut aussi penser que cela a permis d'entendre 2 interventions allant dans le même sens et se complétant de belle manière.
Il faut remarquer au passage que Mme Fabre et M. Mesquida sont respectivement députés de l'Est Audois et et de l'Ouest Héraultais et qu'il s'agit là de 2 territoires contigus mais aux habitants desquels il est très difficile de travailler ensemble.
 Ah ! Cette vieille rivalité Béziers-Narbonne qui se manifeste depuis des lustres sur les terrains de rugby (entre autres) !
Il n'avait pas non plus été possible à MM. Couderc et Courteau de déposer un amendement commun au Sénat, peut-être aussi en fonction de la même histoire.
Il faut dire que ces 2 derniers, par contre, militent pas dans des partis rivaux... ce qui, bien sûr,  complique encore les choses !
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Mais il faut dire aussi que, malgré cet apparent clivage interne, toutes les initiatives prises émanent de l'ensemble Aude-Hérault, ce bel ensemble géographique qui se trouve "à cheval" sur le remarquable étang de Capestang (photo), territoire des anciens Élysiques lesquels furent convertis au vin dès l'Antiquité par les Grecs et les Phéniciens.
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C'est d'une circonscription de ce même ensemble qu'est aussi député M. Élie Aboud, lequel s'exprima en appui des interventions de Mme Fabre et de M. Mesquida, bien qu'il soit de sensibilité différente.
 Et aussi M. Jean-Claude Pérez qui appuya, par ses remarques, les arguments de ses collègues.
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Du même parti que M. Aboud, un seul député sauva l'honneur du reste de la France, M. Philippe-Armand Martin, un champenois.
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Voir les débats à "Article 10 bis A, 1° partie du compte rendu :
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Du fond du cœur, un grand merci à tous les parlementaires que nous venons de citer !
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Quel dommage qu'à l'Assemblée Nationale, ce mardi 8 juillet à 21 h 30, les rangs des œnophiles aient été aussi clairsemés !
 Si avaient été présents la totalité des élus des 70 départements viticoles dont parle M. Mesquida au début de son intervention, le résultat aurait été différent...
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Mais c'est ainsi...
 Cela étant dit, tout n'est peut-être pas perdu.
En effet, l'amendement voté ne l'ayant pas été dans les mêmes termes que celui adopté par le Sénat, il s'ensuit (à notre sens, du moins) que ce sera aussi le cas pour l'ensemble du projet de loi et que logiquement il devrait être réexaminé par la Chambre Haute au titre du principe de "navette parlementaire".
Et si le désaccord persiste, le différend devrait être soumis à la Commission Mixte Paritaire.
Et dans ce cas, plusieurs hypothèses peuvent se présenter...
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Nous en reparlerons...
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                                                                          (À suivre)
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Nota Bene : à saluer tout particulièrement les très belles citations rappelées par Mme Marie-Hélène Fabre :
  • Blaise Pascal : « Trop ou trop peu de vin interdit la vérité.»,
  • Paul Claudel : « Le vin est un professeur de goût, il est le libérateur de l’esprit et l’illuminateur de l’intelligence».

Un grand merci de plus pour ces instants de plaisir !

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Le point sur certaines questions en cours (1)

«Au matin, bois le vin blanc. Le rouge au soir pour faire sang.» (Vieux proverbe bourguignon)

 En fin de compte, il semblerait que,samedi dernier au Salon de l'Agriculture, le Président de la République ait bien consommé du vin (blanc, donc)... mais très tôt.
Du moins selon un article de Mme (ou Mlle) Aude Gambet dont nous n'avons aucune raison à ce jour de mettre la parole en doute.
 Voir début du 3° phrase du 1° paragraphe : http://www.leprogres.fr/economie/2014/02/22/on-a-un-scooter-a-vendre.
Il y aurait bien aussi cette photo où on lui voit tenir un verre :
 Mais nous savons désormais que cela n'est pas vraiment significatif. lire notre article du 13 février dernier.
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 Nous aussi avions envoyé un photographe, mais démuni de carte de presse, il n'a pu pénétrer dans l'enceinte de la manifestation avant l'ouverture des portes et il semble bien que l’événement narré par la journaliste sus-nommée soit intervenu auparavant et n'ait pas été renouvelé.
 Dommage !
Ce qui est sûr, par contre, c'est que François Hollande ne s'est pas ensuite rendu au pavillon des vins, à l'inverse du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, lequel n'a pas manqué, selon divers témoins, de démontrer qu'il était le contraire d'un œnophobe...
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Patrimoine Gastronomique et Culturel
 Ce qui s'est passé mercredi dernier en commission des Affaires Économiques du Sénat est l'inverse de ce que nous aurions souhaité..
Voir notre article "Amendements".
 Ce ne sont pas les promoteurs de l'amendement n°93 qui se sont ralliés à l'amendement n° 152, mais par l'intermédiaire de Mr Gérard Bailly, c'est l'inverse qui s'est produit.

Article additionnel après l'article 10

M. Didier Guillaume, rapporteur. - Je suis favorable aux amendements quasi identiques n°s 93 et 152 : il convient en effet d'intégrer le vin dans le patrimoine culturel et gastronomique français.

M. Roland Courteau. - Nous voulons mieux protéger et défendre ce produit qui est trop souvent assimilé aux alcools durs. Le vin est une richesse pour la France, dont la gastronomie est inscrite sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l'humanité par l'Unesco.

M. Daniel Raoul, président. - Il faudrait rectifier l'amendement n° 152 pour le rendre identique à l'amendement n° 93.

M. Gérard Bailly. - J'accepte la rectification.

Les amendements n°s 93 et 152 ainsi rectifiés sont adoptés et deviennent un article additionnel.

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 Attention : le projet n'est pas arrivé au bout !
Il doit encore être discuté en séance, après les élections municipales, et sera ensuite soumis, avec le reste de la loi, aux aléas de la navette parlementaire.
 Nous tiendrons bien entendu nos lecteurs au courant de l'évolution du dossier.
Quoiqu'il en soit, ce n'est à l'évidence pas demain que le vin sera explicitement protégé, comme le foie gras.
 Est-ce pour des considérations liées à la santé des français ?
Nous sommes disposés à fournir de nombreuses preuves issues de multiples documents internationaux (y compris le Codex Alimentarius) pour démontrer que ce serait une absurdité.
 Des documents qui sont hélas généralement portés à la connaissance des décideurs après large "interprétation" par certaines officines situées en France.
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Rien sur le Conseil de Modération et Prévention ?
 Si, très bientôt.
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