Du lourd ! (2)

(Suite de notre article "Du lourd ! (1)")

Bon, voyons aujourd'hui de plus près dans quelle circonstance sont apparus les chiffres hallucinants dont nous parlions dans notre article précédent. On les trouve en tableau 21,  pages 63 et 64 de ce document daté officiellement de décembre 2015 : Coût social des drogues en 2010

Mais ils figuraient déjà dans une note de synthèse publiée fort opportunément le 10 septembre dernier. Synthèse dont les résultats, selon un scénario que nous ne connaissons que trop bien, étaient repris et claironnés dès le lendemain et pendant le week-end qui suivit dans un très grand nombre de journaux.

Exemple, cet article : http://www.lemonde.fr/sante/article/2015/09/11/les-chiffres-chocs-du-cout-social-de-l-alcool-et-du-tabac_4753027_1651302.html. Marisol Touraine, en 2007.On peut y lire, concernant les dits chiffres : «À trois jours du début de l’examen du projet de loi de santé au Sénat, ils tombent à point nommé pour la ministre de la santé, Marisol Touraine, qui s’apprête à faire face à de nouveaux assauts parlementaires contre la loi Evin...».

Et, comme par hasard, ce week-end était celui qui précédait immédiatement le lundi 14 septembre, c'est à dire le jour inaugurant la semaine au cours de laquelle la commission des affaires sociales allait se pencher sur le nouveau projet de loi de santé. À l'occasion duquel des élus de droite et de gauche avaient réintroduit l'amendement visant à clarifier la loi Évin voté par les élus quelques mois plus tôt mais "retoqué" en par le Conseil Constitutionnel pour raison de forme. Roland Courteau

La première de ces initiatives datant vraisemblablement du 2 septembre et étant due à l'un des plus anciens et meilleurs défenseurs du vin : http://www.roland-courteau.com/?p=2377. 8 jours plus tard et un trimestre avant la publication du rapport dont étaient issus les chiffres terrifiants, paraissait donc la fameuse synthèse : quel remarquable concours de circonstances !

Mais depuis la loi Évin,  un quart de siècle a passé et on s'étonne que certains n'aient pas encore compris que de nos jours il n'est pas chose aisée, par études ou rapport commandités et par campagne de presse organisée, de manipuler les élus de la République !

Une petite remarque pour finir On peut voir en haut de la 2º page du rapport cité plus haut : «le travail a été suivi par un comité de pilotage composé de Stéphane Bahrami, Thomas Bayeux, Benjamin Cadier, Serge Karsenty, Pierre-Yves Bello, Christophe Palle et un représentant de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA)». Nous connaissons bien M. Karsenty dont nous avons naguère parlé dans notre article dans notre article "Réseaux Got".
Il est (était ?) président de l'Alliance Prévention Alcool qui semble figurer aujourd'hui "aux abonnés absents" :  http://alliancepreventionalcool.org/.
On ne trouve d'ailleurs pas l'APA dans ce communiqué relativement récent :  http://www.sfalcoologie.asso.fr/download/FFA-CP-LoiEvin-2015juin5.pdf.
À noter d'autre part que ce monsieur était, du moins jusqu'en juillet 2014, membre du Conseil Scientifique de l'OFDT, la structure commanditaire.... la preuve ?
Voir en page 2 : http://www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/efnxofub.pdf.
Mais apparemment plus maintenant : http://www.ofdt.fr/ofdt/college-scientifique/. Qu'est-il devenu ? Des problèmes suite à cette intervention :  http://tnova.fr/videos/extrait-de-l-intervention-de-serge-karsenty-au-debat-cannabis-reguler-le-marche-pour-sortir-de-l-impasse ?

C'est que nous nous faisons du souci, nous !

(À suivre)

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Évin revint…

Claude Évin, en 2009.

Bien qu'étant juriste de formation et non pas médecin, Claude Évin, ancien ministre de la Santé et très récemment remarié alors, fut nommé Directeur Général de Agence Régionale de Santé d'Île de France en septembre 2009 :  http://www.lefigaro.fr/politique/2009/09/30/01002-20090930ARTFIG00420-ouverture-claude-evin-la-nouvelle-prise-de-sarkozy-.php.
Soit un bon semestre avant la parution du décret portant création des ARS, mais passons...
Passons aussi sur le fait qu'à l'époque la mise en cause de l'ancien ministre dans une affaire délicate datant de son passage au gouvernement n'avait pas semblé poser de problème.
Il faut dire que presque 20 ans avaient passé entre-temps. (*)

Roselyne Bachelot, en septembre 2009.Auparavant,  en octobre 2008, alors qu'il était encore membre d'un cabinet d'avocats, M. Évin se montrait plutôt en accord avec Mme Roselyne Bachelot,  ministre de la Santé à l'époque,  pour permettre aux vignerons de présenter, d'une manière très encadrée, leurs domaines, leurs chais et leurs produits sur Internet :  http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE49Q06J20081027.
6 mois plus tard, en mai 2009, toujours avocat et 4 mois avant sa nomination à l'ARS, il signait une lettre ouverte aux côtés de vieilles connaissances à nous.
Adoptant ainsi une position sensiblement... différente : http://www.anpaa.asso.fr/presse/espace-presse/161-lettre-ouverte-.
Un changement de pied qui semble montrer  que l'ancien titulaire du poste s'est souvenu dans l'intervalle que dans le cas précis de ce ministère, le dicton selon lequel "il vaut mieux s'adresser au bon Dieu qu'à ses saints" ne s'applique pas.
Bien au contraire : si l'on souhaite, pensant à son avenir,  bâtir un relationnel profitable dans le monde de la santé technocratique, il faut savoir que les vrais patrons sont les "marquygiénistes de couloir"... et qu'il vaut donc mieux ne pas exprimer de positions différentes des leurs !

Détail amusant : contrairement à ce qu'indique le document précédemment produit,  M, Èvin n'était alors plus député, et cela depuis environ 2 ans (historique résumé ici :  https://fr.linkedin.com/pub/claude-evin/58/4a8/3a1).
Bon !
Soyons honnêtes et ne nous plaignons pas : à cette époque là, notre association existait déjà et déjà, discrètement et par personnes interposées, menait contre l'œnophobisme le combat qui est toujours le sien.
Et qui le restera.
Or -nous pouvons le dire aujourd'hui- une telle "erreur" dans la fonction revendiquée, une telle discontinuité dans les convictions affirmées, ce fut du pain béni pour notre cause !
Cela par le discrédit conféré de ce fait à l'initiative de nos adversaires.

En cette année 2015, sur le champ de bataille, Claude Évin revint.
Il fut même l'initiateur d'une très vigoureuse campagne médiatique destinée à discréditer les élus du peuple dès lors qu'ils déplaisent aux frénétiques œnophobistes ainsi qu'aux cupides marchands d'espaces publicitaires.
Ces derniers,  bien entendu,  se sentant tenus à la plus grande complaisance envers leurs clients potentiels.
Et notamment à l'égard d'une célèbre marque de soda à base d'acide phosphorique carbo-hydraté soucieuse de ne voir en rien entraver sa constante progression en remplacement du vin sur la table des français.

Cela commença par un article dans la presse : http://m.leparisien.fr/economie/publicite-pour-l-alcool-le-cri-d-alarme-de-claude-evin-07-06-2015-4841489.php.
Puis continua à la télévision : http://www.france5.fr/emissions/c-a-vous/diffusions/11-06-2015_333819.
Et à la radio : http://www.rtl.fr/actu/politique/loi-evin-on-ne-peut-pas-presenter-l-alcool-dans-une-publicite-comme-du-parfum-dit-claude-evin-7778722682.
Marisol Touraine, en 2007.Évidemment, ce fut repris à grand bruit par une foule de commentateurs patentés... et Mme Touraine,  comme de bien entendu, finit par entrer dans la danse :
Tout cela au son de l'orchestre prohibitionniste habituel.
Et sur un air connu depuis longtemps mais agrémenté de quelques variations de circonstance.

Ce fut quand même émouvant de voir Mme Touraine et M. Évin dans la même farandole : ces deux anciens Strauss-Kahniens n'eurent aucun mal à accorder leurs pas !
Nulle dissonance !
C'est l'avantage d'avoir partagé la même culture (**).

Et puis,,, peut-être a-t-on parlé d'avenir, a cette occasion.
M. Évin quittera bientôt l'ARS : http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2015/06/10/le-directeur-de-lars-ile-de-france-claude-evin-quittera-ses-fonctions-le-30-septembre_759706.
Peut-être existe-t-il un poste à pourvoir, quelque part ?
Ou à créer pour répondre a un besoin extrêmement impératif ?
Par exemple, on pourrait revenir sur un projet écarté en 2013 :
http://www.lopinion.fr/4-septembre-2013/marisol-touraine-ne-veut-pas-claude-evin-3628 (***).

Après tout, toute prestation mérite compensation !
Avoir lancé une campagne médiatique, par exemple...

(*) D'ailleurs, M. Évin avait été relaxé, le tribunal s'étant conformé à la réquisition du Ministère Public : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/05/accuse-d-avoir-fait-pression-sur-des-victimes-du-sang-contamine-claude-evin-est-relaxe_1189313_32.
«Le ministère public est, en France, sous la hiérarchie du pouvoir politique par le biais du garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la direction des affaires criminelles et des grâces» : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Ministère_public_(France).
Le garde des Sceaux, ministre de la justice de l'époque, membre également du 2º gouvernement Rocard,  se trouvait être Pierre Arpaillange : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Michel_Rocard_(2)#Composition.
Lequel, en 1989, avait été bien malgré lui concerné par le prix de l'humour politique :  https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Prix_de_l'humour_politique#1989.

(**) À signaler :
Si, dans le combat que nous menons, nous avons particulièrement eu l'occasion de nous en prendre à d'anciens partisans de DSK (on pourrait aussi citer MM. Cahuzac ou Le Guen), nous n'avons par contre jamais rien eu à reprocher à l'ancien directeur du FMI lui même.

(***) L'article de l'Opinion, à la fin, fait presque explicitement référence a certains liens avec certain(s) laboratoire(s) pharmaceutique(s) après avoir rappelé le nom de M. Jérôme Cahuzac, l'homme que  «Claude Évin avait, lorsqu'il était ministre, comme conseiller "médicament"».
Un homme qui joua un rôle loin d'être négligeable dans la loi Évin.
Et auquel fut récemment consacré un documentaire télévisuel intitulé
«Jérôme Cahuzac,l'homme qui ne savait pas mentir» : 
Au début de la 25º minute, une journaliste déclare : «Quand Cahuzac est devenu député puis maire, beaucoup de promesses ont vu le jour? Des promesses d'implantation de laboratoires, comme il y en a eu chez Claude Évin, d'ailleurs...».
L'occasion de rappeler qu'effectivement, pour M. Évin non plus les relations avec certains laboratoires pharmaceutiques n'ont pas disparu, puisque en 1998 le groupe Bristol-Myers Squibb s'installait dans son fief électoral : http://www.usinenouvelle.com/article/pays-de-la-loirebristol-myers-squibb-s-enracine-a-saint-nazairebristol-myers-squibb-numero-4-mondial-du-medicament-ouvre-un-centre-de-recherche-de-vocation-mondiale-en-galenique-et-controle-a.N87204.
Malheureusement, 7 ans plus tard, ce même groupe quittait Saint-Nazaire après avoir reçu 760 000 euros de subventions selon les uns : http://www.lesechos.fr/22/08/2005/LesEchos/19481-079-ECH_bristol-myers-a-recu-760-000-euros-de-subventions-pour-son-site-de-saint-nazaire.htm.
Bien d'avantage selon d'autres : http://www.lutte-ouvriere-journal.org/2005/08/17/bristol-myers-squibb-saint-nazaire-prends-loseille-et-tire-toi_11353.html.
Encore 2 ans passèrent et M. Évin ne se représentera pas aux élections législatives de 1997 : pourquoi ?
Pourtant, 57 ans,  ce n'est habituellement pas l'âge auquel les hommes politiques considèrent leur parcours achevé.
Et la circonscription qui était la sienne était largement restée fidèle au parti qui était le sien.
La preuve, Mme Marie-Odile Bouillé, la personne qui a reçu l'investissement de sa formation politique, fut très confortablement élue : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Huitième_circonscription_de_la_Loire-Atlantique#.C3.89lections_de_2007.
Alors ?
Quels sont les paramètres qui furent pris en compte pour ce changement ?
Question locale de coefficient personnel ?
Autre problème ?

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Lien

La semaine dernière, exactement lundi 20/07 à la première heure, nous avions publié notre article intitulé "Plans".
Stéphane Le Foll en septembre 2014. Concernant M. Stephane Le Foll et à propos de son regrettable ralliement à la position du Ministère de la Santé dans l'affaire de l'amendement clarifiant la loi Évin, nous l'avions qualifié de « ministre de l'Agriculture-mais-en-l'occurrence-pas-des-agriculteurs ».

 Dans la même matinée se mettaient en place des barrages d'agriculteurs en Normandie, lesquels barrages devaient ensuite s'étendre à une grande partie du territoire national : une révolte qui dure encore.
Lien de cause à effet ?
Évidemment non.
Pas de lien du tout ?
À notre avis, si !

Car le fait est que depuis plusieurs mois, un autre lien s'est distendu, celui qui existait entre le ministre et ses administrés.  Cela, les premiers jours de la crise dont il est question l'ont bien montré.
Quelques jours d'incompréhension totale à l'égard de la désespérance des éleveurs.
Le porte-parole du gouvernement n'a pas trouvé les mots  qu'attendaient les paysans.
Et on voit bien que,  malgré la mise en œuvre de réelles mesures, la confiance a du mal a revenir.
Reviendra-t-elle ?

C'est peut-être en matière de production viticole que la distension de ce lien est apparue en premier, et c'était en novembre 2013 à l'occasion de la visite de M. Le Foll au SITEVI.
Lire notre article : "Le Foll interrogé hier".
Concernant le sujet dont il était question, la victoire échut à Mme Touraine : Click.
Faute, vraisemblablement, de combat.
Et peut-être à la faveur d'une confidentielle entente préalable.

EMarisol Touraine, en 2007.t puis, tout dernièrement, dans l'affaire de la clarification de la loi Évin,  Stéphane présenta carrément et clairement un front uni avec Marisol (elle même experte dans l'art de mettre ses administrés dans la rue) : http://www.lequotidienlesmarches.fr/st-phane-le-foll-et-marisol-touraine-appellent-ne-pas-changer-la-loi-evin-art399685-2388.html?Itemid=235.
Celui là subjugué par le charme envoûtant de celle ci ?
C'est à dire tombant lui aussi,  par marquis de ministère interposés, sous l'influence de la secte œnophobique.

Et dire que nous avons si longtemps eu un a priori favorable l'égard de ce ministre de l'Agriculture !
Mais le temps... l'éloignement d'un côté... la proximité de l'autre...
Tout ça...

En revanche, il convient de rappeler que le Président de la République et le Premier Ministre ont su, eux, dans cette affaire, entendre au delà des marquisats ministériels et éviter les tentacules de la pieuvre sectaire.
Et que ce fut déterminant.

C'est quand le prochain remaniement ?

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Plans

Résultat de recherche d'images pour "euros"L'expérience nous l'a appris : lorsque, provenant des associations œnophobes en tous genres, une grande campagne se déroule tous médias confondus, dès le lendemain il faut être vigilant.
Car nous savons que, selon la planification habituelle, dans les quelques jours qui suivent va intervenir une juteuse proposition susceptible de les enrichir encore.
Cette fois-ci, ça n'a pas traîné !

La campagne s'est déroulée le 7 dernier (voir notre article "Et allez !") et 3 jours après, le 10 donc, 18 d'entre elles écrivaient à Mme Marisol Touraine, et lui proposaient leurs bons services afin de «participer activement à l'élaboration d'un Plan  national  de  réduction des dommages dus à la consommation d'alcool».
Penchons nous sur ce document, il le vaut bien : http://www.anpaa.asso.fr/images/media/201506telechargements/min-sant-touraine-plan-alcool.pdf.

Quelques remarques.

1) Tout d'abord, il convient de se souvenir que la campagne du 7 juillet était articulée autour d'un document signé par MM. François Paille et Michel Reynaud :  http://www.invs.sante.fr/beh/2015/24-25/pdf/2015_24-25_1.pdf.
Et qui retrouve-t-on parmi les 18 signataires ?
MM. Reynaud Michel et M.Paille François, évidemment !
Vraiment désintéressé, ce diagnostic !
La preuve : ces 2 messieurs, à la rubrique "déclaration d'intérêt" (fin de l'avant-dernière page) ont indiqué que «les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts par rapport au thème de cet article».

2) La lettre à Mme Touraine commence par la remercier pour le rôle qu'elle a joué aux côtés des anti-clarification dans l'affaire de l'amendement adopté dans le cadre de la loi Macron et qui concerne la loi Évin.
Un fait dont, à l'inverse bien évidemment,  se réjouissent tous les défenseurs du vin :  http://www.vinetsociete.fr/presse/communiques/loi-macron-l-article-62-ter-concernant-la-loi-evin-clarifie-par-un-amendement-du-gouvernement.
Deux courriers beaucoup moins agréables ont aussi été adressés au Président de la République (http://www.anpaa.asso.fr/images/media/201506telechargements/hollande-amendement-loi-macron.pdf) et au Premier Ministre (http://www.anpaa.asso.fr/images/media/201506telechargements/valls-amendement-loi-macron.pdf).
Mais ces 2 derniers ne comportaient pas la proposition d'un "Plan  national  de  réduction  des  dommages dus à la consommation d'alcool".
C'est donc uniquement sur le budget de la Santé qu'il est envisagé d'émarger.
À titre de compensation et en jouant sur la solidarité entre "anciens combattants" d'un même camp ?
À noter une petite faute stratégique : "les 18" ont manifesté leur gratitude envers Mme Touraine mais ont oublié de remercier également le ministre de l'Agriculture-mais-en-l'occurrence-pas-des-agriculteurs qui l'aurait pourtant, dans leur optique, tout autant mérité : http://www.ladepeche.fr/article/2015/06/08/2120390-loi-evin-touraine-et-le-foll-contre-tout-changement.html.

3) Nos 18 associations, tout en vantant l'efficacité de la loi Évin, constatent comme nous «l’accroissement  des "bitures  expresses"  (ou  binge  drinking)  et  l’importance  des  dommages et des coûts sanitaires et sociaux» liés à l'alcool.
Cela ne devrait-il pas les amener au contraire à penser comme nous que ladite loi est un échec?
Donnée intéressante : l'étude de MM. Paille & Reynaud nous dit que l'âge moyen des personnes hospitalisées pour cause d'intoxication alcoolique aiguë est de 43,5 ans.
Il s'agit donc de la "génération Évin", puisqu'elles entraient dans l'âge adulte au moment de la promulgation de la loi qui porte ce nom.

Mais attention ! Cette loi ne doit pas non plus être accusée de tous les maux car la source du problème se situe au niveau de la génération qui a élevé celle dont nous venons de parler.
La précédente, donc.                                                                                                             La première qui, submergée par l'offensive cocacolonisatrice, s'était mise à délaisser progressivement la culture du vin et à moins bien en assurer la transmission.

Les cocacollabos commençaient à se glisser dans les rouages de l'Etat et un différentiel fiscal favorable aux boissons les plus délétères était mis en place.
Épisodiquement certains s'emploient encore à tenter de l'accroître.
Il n'est absolument pas exclu que l'élaboration d'un nouveau "plan" leur permette à nouveau d'exercer leurs talents.

À cette époque,  fort opportunément,  de fumeuses théories étaient mises en exergue comme celle dite "de Ledermann", laquelle proclamait que ce n'était que par la lutte contre la consommation régulière et modérée que l'on pourrait venir à bout des abus.
Relire notre fiche à ce sujet (elle a 6 ans mais elle n'a pas trop mal vieilli) :  http://honneurduvin.vitisphere4.vitisphere.com/theorie-de-ledermann/.

Aujourd'hui, ce sont ses propres adeptes qui, au travers de leurs conclusions, en démontrent la stupidité.
Ce qui n'empêche pas certains incurables de s'en prendre à la moindre consommation !
Écoutons par exemple s'exprimer M. Philippe Batel, juste après avoir pu voir un verre de vin se remplir : «Ces complications elles sont liées à des quantités d'alcool qui ne sont pas forcément très élevées...» De la 22° seconde à la 44°:

Il faudrait peut-être proposer l'élaboration d'un "Plan national de réduction des dommages dus aux pathologies œnophobiques", non ?
Nous allons préparer un devis...

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Satisfactions (2)

Reprenons la liste des motifs de satisfaction qui ont été les nôtres à la lecture du compte-rendu de la session tenue à l'Assemblée Nationale, le 1º avril dernier.

2) Mme Marisol Touraine et l'article 4 bis.
(Nota Bene : cet article est issu de l'amendement AS1207 -Robiliard- adopté en commission des affaires sociales le )

.Rappelons que  Mme la ministre avait donné un avis défavorable en commission à cet amendement visant à réduire un tant soit peu les attaques outrancières que l'ANPAA particulièrement exerce à l'égard de toute communication autour du vin notamment.
Elle a donc, en toute logique, introduit un amendement de suppression et l'article est tombé, ce qui est bien regrettable.
Mais 2 points sont à souligner :

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..a) considérant l'amendement "Robiliard", elle a bien voulu reconnaître qu'il était «le fruit d'un travail extrêmement approfondi» et qu'il répondait à un «besoin de clarification du droit en vigueur».
Ce qui répond aux odieuses attaques dont ce texte a fait l'objet, notamment sur le plan médiatique : voir notre article "Carrément scandaleux!".
Attaques qui ont bien dû faire plaisir aux signataires de cette lettre ouverte au Président de la République : CLICK (PDF).
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..b) elle s'est dite ensuite «ouverte aux propositions» qui permettraient de «réfléchir aux éventuelles difficultés d’interprétation juridique que poserait la loi Evin».
Cela dans un cadre qui reste à définir.
On peut, bien entendu,  faire confiance aux "marquis de ministère" et autres oenophobes infiltrés pour employer une énergie considérable à "pourrir le dossier".
Mais, même si rien n'est encore acquis, force est de constater qu'une perspective de retour à la raison est désormais discernable.
En tout état de cause, que Mme Touraine le sache, si nous étions amenés à constater qu'à l'inverse de la plupart de ses prédécesseurs, elle parvenait à s'émanciper de la technostructure infiltrée qui la cerne, nous saurions le dire !

Point d'actualité :


La presse s'en est largement fait l'écho récemment, «après une décennie de baisse, la consommation de cannabis chez les adolescents de 17 ans est repartie nettement à la hausse» : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/04/21/le-cannabis-en-forte-hausse-chez-les-ados_4619794_3224.html .
.Ce qui est vraiment préoccupant puisque «parmi les jeunes ayant fumé du "shit" dans l’année 25,7 % des garçons et 17,3 % des filles présentent un risque élevé d’usage dit problématique ou de dépendance. Soit 8 % de l’ensemble des adolescents de 17 ans, contre 5,3 % en 2011. On sait notamment que le cannabis induit des troubles de l’apprentissage et de la mémoire et qu’il peut précipiter la survenue de troubles psychiatriques.»

.Ne se sentent-ils pas un peu responsables ces soi-disant alcoologues patentés qui, depuis quelques années, en parallèle de leurs propos oenophobes, préconisent, arguments relativisant à l'appui, des mesures potentiellement déculpabilisantes à l'égard de cette substance ?
.Exemples :
- en 2011, l'ANPAA du Dr Rigaud demandait que «soit étudiée une légalisation contrôlée du cannabis» : CLICK (PDF).
- en 2013, le Pr Reynaud de la Fédération Française d'Alcoologie, à l'occasion de la remise de son rapport à la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et Toxicomanies, préconisait «une meilleure cohérence de la législation entre drogues licites et illicites est préconisée, la tendance à se focaliser sur la pénalisation du cannabis cachant notamment la sous-évaluation des dommages de l’alcool chez les jeunes» : http://www.federationaddiction.fr/le-pr-michel-reynaud-rend-son-rapport-a-la-mildt/.

C'est-y pas de la bonne banalisation,  ça madame,  bien d'chez nous ?

                                                              (À suivre)

Article précédent dans la série : http://honneurduvin.vitisphere4.vitisphere.com/satisfaction-1/.
Article lié : http://honneurduvin.vitisphere4.vitisphere.com/cannabis-1/.

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