Excuse et fêtes

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Nous approchons des fêtes de fin d'année, c'est à dire d'une période où traditionnellement et parce qu'elle suppose une dose certaine d'agressivité,  nous suspendons pour quelques jours l'activité qui fait notre spécificité : la défense contre-attaquante.
Une activité que nous exerçons au bénéfice du vin, bien entendu.
Et au détriment de ceux qui en dénigrent tout usage.
Cela pour des raisons que nous pensons avoir identifiées...

Mais avant de l'entamer, cette période, nous devons réparer un oubli.
En fait, il convient plutôt de parler d'omission involontaire.
Que nous prions les lecteurs de bien vouloir excuser.
De quoi s'agit-il ?
Résultat de recherche d'images pour "assemblée nationale"D'un courrier qui date de nettement plus d'un mois, précisément du 9 novembre dernier, c'est à dire en pleine bagarre parlementaire autour d'un amendement dont nous avons beaucoup parlé et dont nous reparlerons encore.
Ce courrier, le voici (liste des députés signataires en fin de page) : CLICK.
Cette lettre a été adressée à Mme Marisol Touraine,  ministre de la Santé, mais on peut légitimement se demander si elle lui est parvenue malgré les filtres mis en place  par le lobby cocacollaborationiste qui règne en maître dans le ministère que cette dame est censée gérer... comme bien d'autres avant elle !
Catherine Lemorton en 2008 à Toulouse pour soutenir la candidature de Pierre Cohen aux élections municipales.Mais ce qui rend cette action particulièrement notable c'est que copie de ladite missive a été adressée à la présidente de la commission des Affaires Sociales de l'Assemblée Nationale, Mme Catherine Lemorton.
Celle-ci appartenant au même parti que les députés signataires du courrier évoque... mais ne partageant absolument pas leur point de vue concernant le traitement qui doit être appliqué au "divin breuvage".
D'où l'intérêt de la démarche.
Une démarche dont, du fond du cœur, les défenseurs du vin remercient ces députés !
Sans que ne doivent être oubliés,  bien entendu, tous les parlementaires de toutes sensibilités et toutes opinions qui se sont régulièrement impliqués dans le même combat et cela tout au long de l'année qui s'achève.

Résultat de recherche d'images pour "fêtes fin d'année"Et maintenant que cet oubli est réparé, changeons de registre et passons au bon temps : EXCELLENTES FÊTES DE FIN D'ANNÉE À NOS LECTEURS ET À TOUS LES DÉFENSEURS DU VIN !!!

Sans abus, bien entendu...

 

Satisfactions (1)

Dans notre  dernier billet, concernant la loi de santé publique et pour ce qui relève de nos préoccupations habituelles,  nous avons parlé de statu quo ante.

Sans titre 1

Nous maintenons cette position,  bien sûr,  mais il convient de la nuancer. Car si, du point de vue technique, rien n'a changé, quelques motifs de satisfaction sont apparus néanmoins.

1) La mobilisation des députés, y compris de certains provenant de régions non viticoles. Ce qui montre bien :

  a) que le vin reste bien la «boisson totem» de notre pays et de notre culture.

  b) que les dits parlementaires avaient bien identifié le danger représenté par "l'amendement Véran", lequel donnait explicitement les pleins pouvoirs aux prohibitionnistes de ministère qui voudraient bien en faire un produit tabou (voir notre article "Coup bas").

Précisons que si cette mobilisation trouva son aboutissement très tard le 1º avril dernier, elle s'exerça bien antérieurement. Au moins, concernant ledit amendement,  depuis le lendemain même de son adoption en commission des affaires sociales,  c'est à dire une semaine auparavant.

En réalité, ce travail peut tout à fait se comparer à un pressing offensif né d'un mouvement de contre-attaque et qui finit par atteindre son but.

Mais avant que soit marqué ce but, il y eut la passe décisive, véritable "point d'orgue" de la progression, et celle-ci se p ce même 01/04 en début d'après-midi.

En témoignent ces deux phrases :
«Je salue la prise de position du Gouvernement, prise suite aux négociations que nous avons eu mercredi 1er avril dernier à 14h30 à l’Assemblée Nationale avec la Ministre, Marisol Touraine. Cet échange a permis de supprimer la disposition dite  "Véran" , intégrée dans le projet de loi de santé présenté par la Ministre Marisol Touraine.»
Phrases que l'on trouve au début de ce document communiqué par M. Patrick Vignal, député de la 9º circonscription de l'Hérault : CLICK (PDF).
Un communiqué qui se termine en remerciements exprimés à l'égard de M. Florent Boudié,  député de la Gironde, pour l'amendement qu'il a déposé, accompagné de 64 cosignataires : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/586.asp.

Car même si, comme il nous est indiqué, Mme Marisol Touraine était «personnellement attachée à ce que l’on en revienne à son projet initial» et si un amendement de suppression du gouvernement a été déposé, il est néanmoins permis de penser que ce dernier aurait eu du mal à voir le jour sans l'action de ces parlementaires.

Et de ceux qui ont déposé des amendements similaires et que nous remercions tout aussi chaleureusement.

Des initiatives tout aussi méritoires et productives dont voici la liste :

Cinieri et al. : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/2.asp Suguenot et al. : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/49.asp
Perrut : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/190.asp Menuel : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/192.asp
Door et al. : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/211.asp Reiss : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/252.asp
Robinet : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/707.asp Martin et al. : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/785.asp
Lurton : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/808.asp Fabre : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/1157.asp
Denaja et al. : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/1707.asp Allain et al. : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/1784.asp
Krabal et al: http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2673/AN/2295.asp  

En tout, 307 représentants du peuple : 53% du total.

Quand même !

Et il convient d'ajouter que cela ne signifie nullement que les 47% restant doivent être considérés comme inféodés aux "marquis de ministère". En fait, nous n'avons pas vu grand-monde voler au secours de l'alinéa 11.

Et quand nous disons «pas grand-monde»...

 

 

 

Resquille perfide (4)

C'est l'histoire du verre à moitié vide et/ou à moitié plein.

Le vin a bien été intégré dans le patrimoine culturel et Gastronomique Protégé de la France, mais pas tout seul et loin de là puisque l'ont rejoint les spiritueux, la bière, le cidre et le poiré.
 Il s'agit donc d'une intégration diluée.
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Notons qu'en ce qui concerne le cidre et le poiré, cette compagnie nous gêne un peu moins car il s'agit aussi de jus de fruits fermentés.
 Et dans le cas du cidre, il s'agit aussi d'une boisson bimillénaire, puisqu'il était fabriqué dès l'antiquité au pays basque.
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Mais voyons comment se sont comporté les députés : quels sont ceux qui méritent la gratitude des défenseurs du vin ?
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Ont introduit des amendements demandant le retour à la version sénatoriale :
 Mmes Marie-Hélène Fabre, Martine Faure et MM. Gilles Savary, William Dumas et Pierre Aylagas : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2066/AN/1043.pdf.
On peut regretter que malgré l'appartenance de tous ces députés au même parti, il n'ait pas été possible de fusionner ces 2 propositions.
 On peut aussi penser que cela a permis d'entendre 2 interventions allant dans le même sens et se complétant de belle manière.
Il faut remarquer au passage que Mme Fabre et M. Mesquida sont respectivement députés de l'Est Audois et et de l'Ouest Héraultais et qu'il s'agit là de 2 territoires contigus mais aux habitants desquels il est très difficile de travailler ensemble.
 Ah ! Cette vieille rivalité Béziers-Narbonne qui se manifeste depuis des lustres sur les terrains de rugby (entre autres) !
Il n'avait pas non plus été possible à MM. Couderc et Courteau de déposer un amendement commun au Sénat, peut-être aussi en fonction de la même histoire.
Il faut dire que ces 2 derniers, par contre, militent pas dans des partis rivaux... ce qui, bien sûr,  complique encore les choses !
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Mais il faut dire aussi que, malgré cet apparent clivage interne, toutes les initiatives prises émanent de l'ensemble Aude-Hérault, ce bel ensemble géographique qui se trouve "à cheval" sur le remarquable étang de Capestang (photo), territoire des anciens Élysiques lesquels furent convertis au vin dès l'Antiquité par les Grecs et les Phéniciens.
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C'est d'une circonscription de ce même ensemble qu'est aussi député M. Élie Aboud, lequel s'exprima en appui des interventions de Mme Fabre et de M. Mesquida, bien qu'il soit de sensibilité différente.
 Et aussi M. Jean-Claude Pérez qui appuya, par ses remarques, les arguments de ses collègues.
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Du même parti que M. Aboud, un seul député sauva l'honneur du reste de la France, M. Philippe-Armand Martin, un champenois.
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Voir les débats à "Article 10 bis A, 1° partie du compte rendu :
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Du fond du cœur, un grand merci à tous les parlementaires que nous venons de citer !
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Quel dommage qu'à l'Assemblée Nationale, ce mardi 8 juillet à 21 h 30, les rangs des œnophiles aient été aussi clairsemés !
 Si avaient été présents la totalité des élus des 70 départements viticoles dont parle M. Mesquida au début de son intervention, le résultat aurait été différent...
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Mais c'est ainsi...
 Cela étant dit, tout n'est peut-être pas perdu.
En effet, l'amendement voté ne l'ayant pas été dans les mêmes termes que celui adopté par le Sénat, il s'ensuit (à notre sens, du moins) que ce sera aussi le cas pour l'ensemble du projet de loi et que logiquement il devrait être réexaminé par la Chambre Haute au titre du principe de "navette parlementaire".
Et si le désaccord persiste, le différend devrait être soumis à la Commission Mixte Paritaire.
Et dans ce cas, plusieurs hypothèses peuvent se présenter...
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Nous en reparlerons...
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                                                                          (À suivre)
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Nota Bene : à saluer tout particulièrement les très belles citations rappelées par Mme Marie-Hélène Fabre :
  • Blaise Pascal : « Trop ou trop peu de vin interdit la vérité.»,
  • Paul Claudel : « Le vin est un professeur de goût, il est le libérateur de l’esprit et l’illuminateur de l’intelligence».

Un grand merci de plus pour ces instants de plaisir !

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L’œuf et la poule

«Dieu n'avait fait que l'eau, mais l'homme a fait le vin» (Victor Hugo, Les Contemplations- 1856).

 Magnifique citation !
La fierté, voire l'orgueil, d'appartenir à l'espèce humaine est, pour nous, à la base de la véritable et profonde signification du mot "humanisme".
 Cette espèce humaine qui, ne serait-ce qu'en France, du Pont du Gard au Viaduc de Millau, a tant amélioré la création.
Que celle-ci ait été d'origine délibérée ou aléatoire ne change rien au constat.
Le pont du Gard
Mais une question peut-se poser, au risque de secouer un peu les mânes du grand écrivain : est-ce l'homme qui a fait le vin ou bien le vin (du moins les jus de fruits fermentés) qui ont fait l'homme ?
Un peu l'éternelle question de savoir qui était en premier de l’œuf ou de la poule.
 Nous allons tâcher d'y répondre.
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ATTENTION : certains d'entre vous peut-être, amis lecteurs, ne supportent pas la thèse Darwinienne de l'évolution et/ou estiment que l'univers n'a même pas 6000 ans d'existence et/ou pensent que la terre est plate et que le soleil tourne autour, etc... 
 Nous les prévenons que les lignes qui vont suivre risquent de leur paraître bien désagréables.
Comme aux œnophobes, d'ailleurs, mais pour d'autres raisons
 Nous ne leur tiendrons donc pas rigueur s'ils préfèrent les "enjamber" et se rendre directement au point d'actualité, en bas de page.
Pour les autres (majoritaires, nous osons l'espérer), nous indiquons la conclusion à laquelle est arrivé un chimiste chercheur, Steven Benner, de la Fondation pour l’évolution moléculaire appliquée de Gainesville (Floride).
 Cet homme a cherché à savoir pourquoi et comment l'homme est équipé de l'enzyme alcool-déshydragénase (surtout ADH-4) qui nous rend apte à métaboliser l'alcool, ce qui permet de dire que nous programmés pour en consommer... modérément, bien entendu !
Et, étudiant l'évolution des espèces, il en a déduit que, il y a environ 10 millions d'années, un de nos lointains ancêtres, un primate arboricole, s'habituant au contact du sol, mangeait des fruits mûrs et tombés de l'arbre.
La peau de ces fruits ayant été endommagée par la chute, le contact avec les levures naturelles présentes dans l'environnement avait été possible ce qui avait déclenché le processus de fermentation :  http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-2281016/Scientists-trace-boozing-gene-Taste-drink-originated-10million-years-ago-common-ancestor-humans-chimps.html.
Ces fruits contenaient donc de l'alcool.
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À partir de là, se mit en place le processus d'exhaustion de la conscience que nous avons décrit dans notre article "Découverte importante : une molécule connue depuis au moins 60 siècle aide le cerveau à apprendre".
 Et la grande aventure commença qui allait amener des descendants de ce primate jusqu'à pénétrer dans l'espace !
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Viaduc de Millau
Ainsi, un pont était jeté entre la Terre et le Ciel !
 Le fruit que croquèrent Adam et Ève dans la Genèse est souvent représenté par une pomme mais il n'est en fait jamais défini.
Mais il semble bien, à la lecture de ce qui précède, qu'il se soit agi en tout cas d'un fruit à sucre fermenté.
 Est-ce inconsciemment pour nous ramener à l'état de nature, dans le Jardin d'Eden, que les œnophobes hallucinés cherchent à nous contraindre à l'abstinence ?
À notre avis, le pari est risqué !
 Il n'est pas facile de remettre le dentifrice dans le tube et il est bien rare qu'une régression soit positive.
Et celle-là serait bien loin d'être à la marge !
 Sans compter qu'il faudrait revivre en sens inverse les étapes intermédiaires : des siècles et des siècles farouches, tyranniques et barbares avant avant que nos lointains descendants, leur organisme enfin purgé de toute trace d'ADH-4, puissent enfin à nouveau tutoyer les canopées...
Mais de par en dessous seulement !
 
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Resquille perfide (2)

Que va-t-iil se passer à l'Assemblée Nationale lorsque sera discuté l'article 10 bis A, c'est à dire la semaine prochaine (voir notre article du 30/06/21014 ) ?

LES SCÉNARIOS
 1° scénario (le pire) :
Rappelons pour commencer que, depuis des années, la baisse constante de consommation de vin s'accompagne concomitamment d'une hausse toute aussi constante de celle de spiritueux... et, par suite, du nombre de comas éthyliques.
 Rappelons aussi que la bière est la boisson alcoolisée la plus consommée chez les jeunes.
 Le risque est donc réel que, l'amendent proposé par la commission des finances comportant ces 2 produits, la majorité des députés, effrayée par ces données, rejette carrément l'article 10 bis A.
Résultats :
- au dernier moment, la France s'est montré incapable de reconnaître comme faisant partie de son Patrimoine Culturel et Gastronomique l'élément qui en est le plus emblématique aux yeux du monde entier,
- hilarité planétaire généralisée devant un pays qui se ridiculise une fois de plus sur ce sujet,
- auto-ridiculisation n'étant pas bonne pour les affaires, on enregistre un nouveau recul du vin français sur les marchés internationaux.
- il est nécessaire de compenser cette perte en augmentant l'endettement.
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2° scénario (le presque pire) :
L'article est adopté selon les propositions de la commission des affaires économiques.
Le vin est noyé dans la masse.
La voie reste ouverte à ce qu'une proposition visant à ce qu'il soit hyper-fiscalisé selon le principe dit "de la taxation au degré".
Vieille proposition de la Fédération Française des Spiritueux puisque son ancien président disait en 2010 que la FFS le demandait «depuis plusieurs années». Lire la dernière phrase de ce communiqué : Click.
La manœuvre a réussi : les alcooliers ont gagné.
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3° scénario (très satisfaisant) :
Rejoignant la sagesse du Sénat, les députés votent l'article 10 bis A tel que le 1° ministre le leur a transmis.
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4° scénario (notre préféré) :
Par esprit de concision, les députés reviennent à la formulation que nous proposons depuis des années :
«Le vin, produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé de la France».
 Simple et de bon goût, non ?
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Pour les convaincre de choisir l'une de ces 2 dernières options, nous avons quelques arguments.
                                                  (À suivre)
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