TAFTA

taftaOn parle beaucoup en ce moment du projet de traité de libre-échange transatlantique (ce qui donne l'acronyme TAFTA en anglais).
Voici,  parmi d'autres, une des tentatives d'explications que nous avons consultées : http://www.metronews.fr/info/tafta-tout-comprendre-en-5-points-a-ce-traite-europe-usa-qui-inquiete/mpdx!Mq07hIEeO4OHs/.
Plus long : https://www.amazon.fr/TAFTA-Laccord-du-plus-fort/dp/2315006147.

De toutes ces consultations, après réflexion, nous nous sommes fait une opinion.
Il nous semble donc qu'il s'agit là d'une nouvelle étape dans le processus de cocacolonisation malbouffisante entamé depuis plus de 60 ans.
Et développé notamment par le financement de l'Industrie des Études et Rapports Œnophobistes.
Aussi demandons-nous à toute personne en mesure de le faire parmi les amis du vin d'agir en conséquence.
Mais aussi aux défenseurs du foie gras.
Du Roquefort.
Etc...
Bref, de la gastronomie et de la culture de notre pays.

.

 

Obama, Canal + et Ku Klux Klan

I. Nous avons été assez étonnés  par une récente déclaration du Président des USA, lequel, parlant du cannabis a affirmé : «Je ne pense pas que ce soit plus dangereux que l'alcool». Tout en en déconseillant clairement l'usage à ses filles.      Et en ajoutant que «c'était une mauvaise idée, une perte de temps et pas très sain» : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/01/20/obama-je-ne-pense-pas-que-fumer-du-cannabis-soit-plus-dangereux-que-l-alcool_4350725_3222.html.

Est-ce à dire que Barack Obama reconnait lui-même avoir parfois "la mauvaise idée de perdre du temps à se livrer à une occupation pas très saine"?
 Nos lecteurs assidus se souviennent probablement que nous avions, il y a plus d'un an, parlé de son goût assumé pour la bière et de la richesse de sa cave à vin.
Relire notre article du 05/11/2012 : http://www.honneurduvin.com/obama-vs-romney/.
.
 En fait, il faut lire la totalité de sa déclaration pour mieux comprendre : «Comme cela a été révélé, j'ai fumé de l'herbe lorsque j'étais enfant et je considère cela comme une mauvaise habitude et un vice, pas très différent de celui des cigarettes que j'ai fumées lorsque j'étais jeune et jusqu'à un âge avancé de mon existence d'adulte. Je ne pense pas que ce soit plus dangereux que l'alcool.»
 On peut observer que :
  a) cette déclaration fait suite à une révélation probablement considérée comme gênante et à laquelle il convenait de répondre en minimisant l'acte autant que possible pour laisser entendre que les facultés cérébrales présidentielles n'étaient pas amoindries.
   b) c'est uniquement au tabac que le cannabis est comparé en tant que vice.
Vice et danger sont des choses différentes : la comparaison avec l'alcool n'est faite que sur le plan de la dangerosité.
.
 Comparaison abusive à notre sens, puisque si l'être humain est équipé de dispositifs détoxifiants en ce qui concerne l'alcool, notamment les enzymes alcool-déshydrogénases, par contre ses poumons ne sont absolument pas armés contre les fumées de différentes natures... ou les particules fines.
 On voit d'ailleurs bien dans le Global health Risks de l'OMS (page 11) que, dans les High Income Cuntries (les pays à haut niveau de vie, tels que les États Unis... ou la France) la pollution urbaine tue 2 fois plus que l'usage de l'alcool.
 Et le tabac 15 fois plus. 
Qui plus est, personne, même pas Mme Hill, ne conteste l'intérêt d'une faible consommation quotidienne d'alcool.
 Alors que personne ne reconnaîtra la moindre vertu à la moindre bouffée.
.
.
 II. Et nous avons été tout à fait indignés de la manière dont cette déclaration a été exploitée par certains médias, détournement de sens à l'appui.
 Prenons par exemple I Télé à l'occasion de son émission "On ne va pas se mentir" :
Voir le titre : «Obama : fumer mieux que boire ?».
Titre  repris incrusté dans les images (par intermittence et plusieurs fois de 16 mn 30sec à 22mn).
 Ecoutons les propos de l'animatrice, Mlle Léa Salamé, dès le tout début : «Le président américain estime qu'il est moins dangereux de fumer du cannabis que de boire de l'alcool».
Cette affirmation est répétée à 14mn 54sec, à 16mn 04 sec,
La bonne vieille méthode du bourrage de crâne !
 Pourquoi ne pas rebaptiser l'émission ?
Au lieu de "on ne va pas se mentir", on pourrait l'appeler "on va mentir aux téléspectateurs" par exemple...
 Ce serait logique, puisque les propos du président Obama ont été gravement déformés.
Et pourquoi, puisque Mlle Salamé nous dit en entame que chez elle le débat se déroule «sans langue de bois», ne pas parler plutôt de "langue de soda gazeux" ?
 Cette dernière question parce que I Télé est une filiale du groupe Canal +, chaîne sur laquelle est diffusée une émission dénommée "Le petit journal" et que nous gardons en mémoire un commentaire posté il y a quelque temps par l'un de nos lecteurs : http://www.honneurduvin.com/du-pain-sur-deux-planches/#comments.
 C'est d'ailleurs sur I Télé que Mr Christophe Barbier, il y a presque un an, avait relaté les propos du Ministre de l'Intérieur d'une manière qui nous avait quelque peu... surpris.
 Relire notre article "Barbier : la triche".
.
.
III. À l'attention de M. Obama et concernant le même sujet, rappelons les mots de l'un de ses illustres prédécesseurs et non le moindre.
 Abraham Lincoln, qui reste dans les mémoires comme l'un des personnages les plus emblématiques de la lutte contre l'esclavage, disait : «Il est reconnu depuis longtemps que les problèmes liés à l’alcool ne sont pas dus à l'usage d’une mauvaise chose, mais à l'abus d’une bonne chose».
 À l'inverse, le Ku Klux Klan, organisation ségrégationniste, fondée au lendemain de la Guerre de Sécession par d'anciens officiers confédérés,  fut un des principaux promoteurs de la prohibition.
Et fut même, après une période de relative inertie, réactivé en 1915 à Atlanta notamment dans ce but :
.
 Réactivé à Atlanta ?
Mais Atlanta c'est bien la ville où se situe le siège de la "Coca-Cola Company", n'est-ce pas ?
 C'est d'ailleurs à l'interdiction de l'alcool à Atlanta dès 1885 que le monde doit la création du plus célèbre des sodas gazeux par John Pemberton, vétéran confédéré.
 Une sorte de limonade brune à base d'acide phosphorique carbo-hydraté dont nous parlons parfois ici.
.
Lorsque c'est le cas, il nous arrive d'utiliser le mot "cocacolonisation", un néologisme créé dans les années 1950, c'est à dire à la période au cours de laquelle ce phénomène prenait pied dans notre pays et que commençait, par sbires interposés, à se mettre en place une véritable stratégie de discrédit à l'égard du vin.
 Afin qu'il cède la place qu'il occupait à cette époque sur la table des français.
Une stratégie qui ne cessera dés lors et jusqu'à nos jours de monter en puissance... et en férocité!
.
 Peut-être, pour rendre un triple "hommage" à la lettre K, faudra-t-il que désormais nous écrivions plutôt : "KoKaKolonisation" !
.
.
 

TVA

Dès le 1° janvier dernier, la TVA appliquée au vin, comme à celle de nombreux autre produits de consommation, a été portée de 19,6% à 20%.

 C'est l'occasion pour nous de rappeler que nous cherchons encore quelqu'un qui veuille bien nous expliquer pourquoi le vin est affecté d'un taux bien supérieur à celui généralement appliqué aux produits alimentaires provenant directement de l'agriculture.
 Aucune donnée objective ne peut, à nos yeux, justifier techniquement cet état de fait.
 .

Appel du 4 mars 1959

.
Produit transformé ?
 Oui, le vin, comme le cidre ou le poiré, sont des jus de fruits qui ont subi une transformation : la fermentation.
Mais il s'agit d'une transformation naturelle maîtrisée car si elle ne l'était pas elle irait jusqu'à son terme et le liquide final serait du vinaigre... qui fait partie des produits dont le taux de TVA est de 5,5% !
 .
 Et puis, le fromage ne sort pas fromage du pis de la vache, que diable !
Les charcuteries font partie d'une catégorie qui s'appelle viande transformées !
 Quand aux sodas, n'en parlons pas, ce sont carrément des produits industriels !
 .
Problème de nocivité attribuable à l'alcool ?
 Rappelons une fois de plus que pour le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer, les viandes transformées et les boissons sucrées sont à éviter tandis que les boissons alcoolisées sont à limiter.
 Un rapport que les responsables de l'Institut National du Cancer (INCa) semblent avoir oublié de lire... bien qu'ils ne se privent pas de le citer dans leur références !
 .
Et que ne pas dire des deux autres principales causes de mortalité ?
 Les problèmes cardio-vasculaires, par exemple, envers lesquels le vin présente un effet préventeur comme, Mme Buzyn, présidente de l'INCa le reconnaissait elle même à Bordeaux il y a un  peu plus d'un mois.
 Quant au diabète, nous n'épiloguerons pas sur les effets comparés du sucre et de l'alcool sur cette cause en constante progression...
.
 Lorsque une telle aberration fut mise en place, dans les années 1950, la profession lutta contre cette sur-fiscalisation.
L'affiche ci-dessus en témoigne:
 Mais, malheureusement, bien peu réalisèrent que s'il en était ainsi c'était parce que la cocacolonisation avait commencé avec ses moyens de lobbying considérables, des "études" très défavorable à la consommation régulière et modérée de vin comme celle de Ledermann, et sa farouche ambition d'imposer définitivement et exclusivement la "limonade brune" sur la table des français.
 Objectif qui n'est pas loin d'être atteint, du moins si on observe quels liquides sont le plus présents sur les tables de cafétérias.
 Ne parlons pas des fast-food qui développent actuellement leurs implantations comme jamais... avec les conséquences sanitaires que l'on sait.
 Mais n'oublions pas non plus les brasseries ou restaurants plus traditionnels : le mal les gagne !
.
 Plus tard, certains tentèrent encore d'agir, jusqu'à rappeler à celui qui était Président de la République dans les années 1980 qu'il avait signé une proposition de loi visant à ramener la TVA appliquée au vin au taux général des produits agricoles : peine perdue !
 .
 Beaucoup ont oublié, d'autres se sont résignés  à cette injustice... ce qui (avouons le) est un peu notre cas.
.
 Mais pas tout à fait !
Car à l'heure ou certains œuvrent, rapports et études orientés à l'appui, à aggraver encore la situation, à passer de la sur-fiscalisation à "l'hyper-sur-fiscalisation", nous pensons avoir quand même encore le droit de rappeler que le vin, depuis des décennies, a largement payé son écot à la solidarité nationale... avec pour conséquence des courbes de consommation en chute libre et un risque de quasi-disparition de la culture populaire.
.
  À d'autres maintenant !
 .
.
 

Nelson (5)

 Reprenons encore l'étude de Mr Nelson et al http://extremelongevity.net/wp-content/uploads/alc-ca.pdf.

Ce sera la dernière fois... dans le cadre de cette série.

.
 Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est important de se remémorer qu'une grande partie des cancers considérés comme étant attribuables à l'alcool sont ceux des voies aéro-digestives supérieures (VADS) et qu'en fait ces derniers sont essentiellement dus à l'éthylo-tabagisme : voir notre fiche à ce sujet.
.
 Or, ces cancers attribuables à l'alcool, les auteurs de l'étude, tout en reconnaissant qu'ils vont au delà des chiffres communément admis, en chiffrent le total à 19 500 pour l'année 2009, soit 3,5% du nombre total de décès par cancer.
Chapitre «Discussion», 2° §, page e3, 3° colonne.
.
 Une succession de simples "règles de 3" montre donc que les personnes ayant consommé entre 2 et 4 verres standard par jour et qui représentent 15,8 % de ses 3,5% (tableau page e5, moyenne BRFSS-NAS) c'est à dire environ 0,5% du total décès par cancer, soit 3 081 personnes.
.
 Et si on prends le nombre total de décès intervenus aux USA en l'an 2009 (2 437 163 : Click), on peut constater que le nombre total de décès attribuable à l'alcool pour les personnes qui avaient consommé entre 2 et 4 verres standard par jour a représenté environ une proportion impressionnante  de 0,1% du total ! Un pour mille !  
 Et le total, tous niveaux de consommation confondus, n'arrive pas à  1% (19 500 / 2 437 163 = 0,8) !
.
 Vraiment : de quoi provoquer une panique générale !
Et espérer motiver une augmentation des taxes pour accroître encore la part occupée par les sodas et autres 
boissons sucrées, sachant que le seul diabète sucré tue aux USA, selon les chiffres que nous avons déjà 
utilisé, 3,5 fois plus que les cancers attribués à l'alcool.
 Sans parler des problèmes d'obésité, etc...
.
 C'est comme ça que ça se passe dans le pays où naquit la cocacolinisation... et c'est une méthode qui 
s'exporte !
 Nous connaissons même un pays où, à coups d'étrange coefficient multiplicateur élevé au carré, on l'a
 bigrement perfectionnée !
.
                                                      FIN
.
..
Nota Bene 1 : comme nous le disions dans la note de bas de page du premier article de cette série, celui du 19/07/2013, nous ne pouvons diffuser la page de Science & Vie comportant l'entre-filet qui a motivé notre mise au clair, et cela pour motifs juridiques.
 Nous en sommes désolés et ne pouvons que proposer aux lecteurs de ce blog qui ne nous feraient pas confiance quant à la transcription des propos de la revue en question d'en acquérir pour vérification l'exemplaire concerné.
 Se trouvant être un numéro spécial, celui du centenaire, celui-ci devrait encore être facilement disponible.
L'article, rappelons-le, se trouve en page 150.
.
Nota Bene 2 :  si, pour toute raison, fantaisie prenait aux décideurs de Science & Vie de nous attaquer en justice suite à la parution de cette série, nous les invitons à nous écrire à l'adresse suivante : honneurduvin@gmail.com.
Nous nous ferons alors un devoir de leur communiquer toutes informations nécessaires : siège social, coordonnées du responsable de la publication, etc...
.
Nota Bene 3 : mais s'ils choisissaient d'évoquer plutôt certains travaux qui parlent vraiment d'augmentation de risque, nous pouvons leur en suggérer quelques uns.
 Et en priorité concernant les risques qui menacent les enfants... 
 Par contre, bien sûr, ce choix leur imposera de faire abstraction de la mésaventure qu'a récemment connu France Télévision, suite à un documentaire engagé dans cette voie : http://www.lexpress.fr/actualite/medias/coca-cola-supprime-ses-pubs-sur-les-antennes-de-france-televisions_1215040.html.
.
.
.