Catastrophisme

Elle n'a pas peur des mots,  Mme Agnès Buzyn,  présidente de l'Institut National du Cancer : «Nous sommes en face d'une catastrophe sanitaire » !
http://www.liberation.fr/france/2015/11/10/loi-evin-nous-sommes-face-a-une-catastrophe-sanitaire_1412406
En face,  cela veut dire quoi ?
Que la catastrophe s'annonce, qu'elle va arriver ?

Afficher l'image d'originePourtant,  cela fait des siècles que le tabac a été importé des Amériques... et des millénaires que les Gaulois brassaient la cervoise !
À notre avis, il aurait mieux valu dire que nous baignons en pleine catastrophe sanitaire depuis des temps immémoriaux... la preuve le nombre de gens qui sont morts depuis.
Quelle hécatombe !

Elle n'a pas peur des chiffres non plus,  Mme Buzyn : «Le tabac et l'alcool, ce sont 150 000 morts par an...» : encore un grand bond quantitatif !
Prenons en effet les chiffres que donne encore sur son site l'institut même qu'elle préside.
Le tabac, 47 000 par cancer pour un total de 78 000 au total (lire le début du chapitre "LE PREMIER FACTEUR DE RISQUE DE CANCERS") : http://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Facteurs-de-risque-et-de-protection/Tabac/Faire-prendre-conscience-des-dangers-du-tabac (date de dernière mise à jour : 04/06/2015).
L'alcool, 49 000 décès dont plus de 15 000 par cancer (télécharger la brochure, 2º paragraphe,  p. 9) : http://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Brochure-grand-public-Nutrition-et-cancers-Alimentation-consommation-d-alcool-activite-physique-et-poids (juin 2015).
Addition : 78 000 + 49 000 = 127 000.
Soustraction : 150 000 - 127 000 = 23 000.
Proportion : 23 000 / 127 000 = 18% (environ).
18% en 5 mois !
3,6% par mois !
Pratiquement 2 fois l'augmentation du nombre de décès par cancer attribuable à l'alcool entre 2006 et 2009 selon une autre dame que nous connaissons bien : "Principe de Hill"  (dernière partie de l'article).
Record pulvérisé !
L'histoire s'accélère,  la pression s'intensifie !

Avertissement Même quand on n'a pas froid aux yeux et qu'on n'y va pas de main morte il faut se préparer à lever un jour le pied : penser à ne pas dépasser le nombre total de décès annuels !

Rappel à l'attention de Mme Buzyn Selon les chiffres de l'Institut de Veille Sanitaire, l'incidence de cancers a plus que doublé entre 1980 et 2012 alors que dans le même temps le nombre de consommateurs réguliers a été divisé par 3 (France Agrimer). Le cancer est devenue la première cause de mortalité prématurée en France. C'est à dire chez les moins de 65 ans, sachant que c'est en deçà de cet âge que l'on dénombre proportionnellement le moins de consommateurs réguliers. En 2010, 40% ce consommateurs réguliers chez les 65 ans et plus contre 17% en moyenne nationale. Dans le même temps, selon le CépiDc de l'INSERM, la consommation de sodas se substituant de plus en plus au vin sur la table des français, le nombre de diabètes sucrés a augmenté de 4169 unités, soit près de 63%.

62,77% exactement : nous aussi nous arrondissons parfois les chiffres, mais beaucoup moins "généreusement" que ce qu'il lui arrive de le faire !

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TVA

Dès le 1° janvier dernier, la TVA appliquée au vin, comme à celle de nombreux autre produits de consommation, a été portée de 19,6% à 20%.

 C'est l'occasion pour nous de rappeler que nous cherchons encore quelqu'un qui veuille bien nous expliquer pourquoi le vin est affecté d'un taux bien supérieur à celui généralement appliqué aux produits alimentaires provenant directement de l'agriculture.
 Aucune donnée objective ne peut, à nos yeux, justifier techniquement cet état de fait.
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Appel du 4 mars 1959

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Produit transformé ?
 Oui, le vin, comme le cidre ou le poiré, sont des jus de fruits qui ont subi une transformation : la fermentation.
Mais il s'agit d'une transformation naturelle maîtrisée car si elle ne l'était pas elle irait jusqu'à son terme et le liquide final serait du vinaigre... qui fait partie des produits dont le taux de TVA est de 5,5% !
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 Et puis, le fromage ne sort pas fromage du pis de la vache, que diable !
Les charcuteries font partie d'une catégorie qui s'appelle viande transformées !
 Quand aux sodas, n'en parlons pas, ce sont carrément des produits industriels !
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Problème de nocivité attribuable à l'alcool ?
 Rappelons une fois de plus que pour le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer, les viandes transformées et les boissons sucrées sont à éviter tandis que les boissons alcoolisées sont à limiter.
 Un rapport que les responsables de l'Institut National du Cancer (INCa) semblent avoir oublié de lire... bien qu'ils ne se privent pas de le citer dans leur références !
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Et que ne pas dire des deux autres principales causes de mortalité ?
 Les problèmes cardio-vasculaires, par exemple, envers lesquels le vin présente un effet préventeur comme, Mme Buzyn, présidente de l'INCa le reconnaissait elle même à Bordeaux il y a un  peu plus d'un mois.
 Quant au diabète, nous n'épiloguerons pas sur les effets comparés du sucre et de l'alcool sur cette cause en constante progression...
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 Lorsque une telle aberration fut mise en place, dans les années 1950, la profession lutta contre cette sur-fiscalisation.
L'affiche ci-dessus en témoigne:
 Mais, malheureusement, bien peu réalisèrent que s'il en était ainsi c'était parce que la cocacolonisation avait commencé avec ses moyens de lobbying considérables, des "études" très défavorable à la consommation régulière et modérée de vin comme celle de Ledermann, et sa farouche ambition d'imposer définitivement et exclusivement la "limonade brune" sur la table des français.
 Objectif qui n'est pas loin d'être atteint, du moins si on observe quels liquides sont le plus présents sur les tables de cafétérias.
 Ne parlons pas des fast-food qui développent actuellement leurs implantations comme jamais... avec les conséquences sanitaires que l'on sait.
 Mais n'oublions pas non plus les brasseries ou restaurants plus traditionnels : le mal les gagne !
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 Plus tard, certains tentèrent encore d'agir, jusqu'à rappeler à celui qui était Président de la République dans les années 1980 qu'il avait signé une proposition de loi visant à ramener la TVA appliquée au vin au taux général des produits agricoles : peine perdue !
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 Beaucoup ont oublié, d'autres se sont résignés  à cette injustice... ce qui (avouons le) est un peu notre cas.
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 Mais pas tout à fait !
Car à l'heure ou certains œuvrent, rapports et études orientés à l'appui, à aggraver encore la situation, à passer de la sur-fiscalisation à "l'hyper-sur-fiscalisation", nous pensons avoir quand même encore le droit de rappeler que le vin, depuis des décennies, a largement payé son écot à la solidarité nationale... avec pour conséquence des courbes de consommation en chute libre et un risque de quasi-disparition de la culture populaire.
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  À d'autres maintenant !
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Continuer…

  "Faites ce que je dis, pas ce que je fais" !
 Le 30 novembre dernier à Bordeaux, quelques minutes après nous avoir asséné des chiffres «avérés», provenant d'études «robustes» et de documents OMS non communiqués, Mme Buzyn, Présidente de l'Institut National du Cancer, nous exhortait, à ne pas y regarder de plus près.

«Arrêtons de nous balancer des chiffres à la figure...».
À 1h 22mn 43sec : «Ne luttons pas contre les chiffres» !
 Est-ce qu'en l'occurrence il ne fallait pas entendre «ne luttez pas contre mes chiffres» ?
15000 décès par cancer attribuables à l'alcool en 2009, point, barre !
 Circulez, y a rien à voir !
Ite, missa est, et pis c'est tout !
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Et ces 15000 proviennent d'un document OMS dont nous ne divulguerons pas les références car vous n'avez pas à vérifier ce qui vous est péremptoirement affirmé !,
 Bande d'outrecuidants !
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 Désolés, madame, mais parce que nous avons déjà été confrontés à des chiffres de propagande à but fiscal et que nous savons donc que cela existe, nous allons pour notre part continuer à y regarder de plus prés !
 Et si «chercher à comprendre c'est commencer à désobéir», comme on nous le serinait pendant un an aux temps lointains du service militaire, nous allons être au regret de ne pas obtempérer, de ne pas vous obéir.
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 Car enfin, il faudrait bien qu'on nous l'explique et qu'on nous le démontre ce bond d'environ 67% en 3 ans de la mortalité par cancer due à l'alcool, de 2006 à 2009 selon les propres chiffres de l'INCa (voir notre article "Double langage ? (2)") !
Cela après un plus d'un demi-siècle de diminution continue de la consommation...
 Et si on ne nous l'explique pas, nous irons chercher l'explication !
Faute de quoi, certains esprits pervers et mal intentionnés pourraient en avancer une, d'explication.
 Par exemple que, le chiffre de 9000 s'étant révélé insuffisant lors de la manip' de 2009, le président de l'INCa étant alors M. Dominique Marraninchi, pour celle de 2013-2014, dans le but de de faire mieux, on a décidé d'en asséner un autre, espéré plus convaincant.
 Parce que plus impressionnant.
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 Et notre travail va commencer par le début de cette incroyable période, en 2009, avec le rapport de Mmes Hill, Doyon et M. Moussanif, intitulé "Évolution de la mortalité par cancer en France de 1950 à 2006".
 Un rapport, rappelons-le, référencé en 2011 par l'INCa dans une de ses "Fiches repères" (§ 1-2, page 2).
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Ouvrons le :
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Passons pour le moment sur certaines fantaisies.
 Par exemple, page 39 (3.5 Cavité buccale) : «Les principaux facteurs de risque sont l’alcool, le tabac et 
les infections à papillomavirus responsables respectivement de 60 %, 52 % et 7 % des décès.».
Et même si 60 + 52 + 7 = 119 , «l’ensemble de ces facteurs explique 78 % des décès par cancer de la cavité buccale».
119 = 78 ? Nous en reparlerons...
 Mais notons dès à présent que cette étrange base de calcul n'est pas sans conséquence puisque c'est sur elle qu'ont été estimés les 9000 décès par cancer attribuables à l'alcool en 2006 dont parlait l'INCa dans sa fiche repère à la fin de l'ère Marraninchi.
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 Ce qui pour Mme Hill, assez logiquement, représentait une nette diminution par rapport à 1995 puisque selon elle, cette année là, «parmi les 45 000 décès attribuables à l’alcool, 16 000 sont des décès par cancer».
 Voir cette étude parue en 2000, 1° colonne, page 16 : http://www.hcsp.fr/explore.cgi/ad301417.pdf.
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Cela avant l'inexplicable et tout récente violente inversion de tendance, entre 2006 et 2009 : + 6000 !
 Plus de 18% par an : une hécatombe !
Remarquons qu'à elle seule cette inversion explique sans doute que la mortalité totale attribuée à l'alcool ait augmenté de 1995 à 2009 (de 45000 à 49000).
 Or cette mortalité totale devait logiquement avoir diminué de 1995 à 2006, passant de 45000 à 38000 (16000 - 9000 = 7000 et 45000 - 7000 = 38000),
 Et encore... en faisant comme si les autres causes de décès n'avaient pas diminué !
Or, à titre exemple, le nombre de tués sur la route a été divisé par 2 en 20 ans selon les statistiques...
 On peut donc estimer que, selon Mme Hill et l'INCa, la mortalité totale attribuable à l'alcool, dans un contexte favorisant la décroissance, a augmenté de près de 10% par an !
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 D'autres chiffres encore, provenant du même document, sont à mettre en regard des propos de Mme Buzyn.
Et ceux que nous venons d'évoquer sont à rapprocher d'autres parutions... y compris OMS.
 Identifiables, celles là !
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                                                        (À suivre car nous n'arrêterons pas)
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