Financement des retraites : calcul pervers ?

Trois jours après que nous ayons demandé au Dr Mascret les références de l'étude qu'il citait dans son article du 25/09/12 dans le Figaro (voir lignes surlignées en jaune pâle dans notre article du 03/10/12), le même journal publiait sous une plume différente un autre article au titre intéressant évoquant de quelle manière les abeilles pouvaient obtenir une substantielle augmentation de leur espérance de vie : http://avis-vin.lefigaro.fr/connaitre-deguster/o33116-le-vin-rouge-bon-pour-la-duree-de-vie-des-abeilles#xtor=EPR-178.

  33% à 38% c'est pas mal. mais il y a mieux dans le règne animal : 100%, c'est à dire le doublement !
  Pour l'homme, les effets bénéfiques de la consommation modérée de vin ont été largement démontrés sur bien des plans, notamment cardio-vasculaires : lire par exemple ceci.
  De sorte que la population qui a bu le plus de vin dans l'histoire de l'humanité, celle qui avait 20 ans dans les années 1950, est très majoritairement toujours avec nous et pour un certain nombre d'années encore.
Alors que selon l'espérance de vie qui lui était promise à la naissance, elle n'aurait pas dû connaître l'an 2000.
 Plus de 20 ans de bonus !
 Plus de 30% !
Et si l'on considère le nombre d'années qu'ils peuvent, en probabilité, parcourir encore ici-bas à l'âge qu'ils ont aujourd'hui, elles représente statistiquement 150% de celui que pouvaient connaître leur grands-parents lorsqu'ils avaient ce même âge, dans les fameuses années 50.
Du moins ceux qui avaient la chance particulière de l'atteindre, cet âge !
 Mais il y a un revers à cette médaille : le problème de financement des caisses de retraites.
Pour le résoudre il y a 3 solutions :
 a) allonger le nombre d'années de cotisations, donc reporter l'âge de départ à la retraite.
 b) diminuer le montant des pensions perçues.
 c) ralentir, voire éteindre la progression de la longévité.
Voire même inverser la tendance !
 Cette dernière voie est virtuellement aussi impopulaire que les 2 autres mais en réalité elle est beaucoup moins visible : il suffit de laisser s'opérer la progression de l'alimentation mortifère, pourvoyeuse de diabète et d'obésité  surtout sous sa forme liquide et cela au détriment des formes de nutrition "longévisantes".
 Éventuellement lui donner un petit coup de pouce comme avec la loi Évin [1].
 Ou même (pourquoi pas ?) investir dans le processus en acquérant la 2° enseigne de restauration rapide et en offrant des sodas à volonté. Voir notre article du 09/07/12.
 C'est un peu long mais ça marche et des signes encourageants peuvent être obervés puisque «chaque année en France la malbouffe provoque trois fois plus de morts que le tabac et cinquante fois plus que les accidents de la route» selon le Dr Laurent Chevallier, expert en la matière.
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Aux USA, certains même se suicident au burger-cola !
 Lire le texte.
Et visionner la vidéo.
 De la folie ?
Au moins eux ingurgitent consciemment !
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 Mais existe-t-il une démonstration selon laquelle il soit inévitable de s'adonner à la malbouffe ?
 Non ?
Alors on ne peut faire autrement que considérer celle-ci comme la première cause de mort évitable dans notre pays aussi bien que dans beaucoup d'autres.
Et si l'on tient compte du fait qu'au travers de son taux d'assujettissement à la TVA elle est considérée comme "produit de première nécessité", la conclusion s'impose mathématiquement d'elle même :
  La mortalité évitable est une nécessité primordiale.
       C.Q.F.D.
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 Par contre il subsiste un problème, un facteur retardant l'atteinte de l'objectif : même si leur consommation a beaucoup diminué depuis les années 50, les français restent les premiers consommateurs au monde de vin per capita.
 Or  l'étude dite "de Copenhague" a démontré sans équivoque que cette consommation  est associée à la nourriture "longévisante". Il peut-être même en être considéré comme vecteur inductif.
   On peut d'ailleurs noter l’objectif général concernant la consommation d’alcool affiché en 2003 (1), Mr Hercberg, patron du PNNS étant déjà en place :
- Diminuer de 20 % la consommation moyenne annuelle d’alcool par habitant
- Vin : accélérer le rythme de décroissance de 50 % (de –20 à –30%).
- Bière : doubler le rythme de décroissance (de –7 à –14%).
- Spiritueux : amorcer une baisse d’au moins 10 % de la consommation
Rien sur les sodas !
Et ça ne s'est guère amélioré par la suite : relire notre article du 22/12/11.
 Pour atteindre l'objectif, divers moyens sont employés, notamment en terme de communication, et d'autres sont régulièrement relancés comme le recours à la fiscalité comportementale, la même, bien sûr, qu'il ne saurait être question d'employer à l'égard des aliments et boissons mortifères par diabésité.
  Sinon, où serait la logique ?
 On se souvient notamment de la brochure PNNS 2009 épargnant les boissons sucrées (malgré le fait que la méta-analyse principalement citée en référence), le World Cancer Research Fund 2007 recommandait de les proscrire) et stigmatisant tout particulièrement le "divin breuvage" : «la consommation d'alcool et notamment de vin est déconseillée» (voir page 47 et comparer les recommandations PNNS avec celles du WCRF, soit en français Fond Mondial de Recherche contre le Cancer, particulièrement la 3 et la 6).
 On n'a pas oublié non plus la conférence de presse 'grand public" du 17/02/2009 au cours de laquelle fut assénée la phrase suivante : «toute consommation de vin est déconseillée». Le vin étant la seule boisson alcoolisée citée, bien entendu.
 Et des recommandations du Pr Grünfeld, remises  (hasard du calendrier !) 10 jours après, en plein émoi médiatique, au Président de la République, recommandations qui comportaient évidemment un volet hyper-fiscalisation : relire notre article du 27/05/2009.
 Eh bien, selon certaines rumeurs, la question serait à nouveau d'actualité puisqu'il serait question qu'un amendement "spontané" au Projet de loi de Financement de la Sécurité Sociale (portant probablement sur l'article 23) soit déposé demain avant midi en commission des affaires sociales ou jusqu'à vendredi prochain en séance.
 Certains trouverons la démarche cynique : ils ne manqueront probablement pas, par exemple et entre autres arguments, de souligner que les milieux les moins favorisés (à l'exception des agriculteurs) sont déjà les plus touchés par la sous-consommation de vin, par l'augmentation corrélative de la diabésité ainsi que, conséquemment, par un différentiel négatif en terme d'espérance de vie.
 Et bien sûr, ils s'en offusqueront.
Pour notre part, n'étant pas confrontés à la difficulté que représente sans aucun doute la gestion des comptes publics et particulièrement des caisses de retraite, nous ne nous placerons pas sur le terrain de la morale, mais nous aurions, si l'on nous interrogeait, quelques objections d'ordre technique à formuler.
 En voici 3 parmi d'autres :
  a- le diabète sucré tue certes de plus en plus dans notre pays (environ 1,7%:an ces 30 dernières années, source CépiDc) mais avant de tuer, il coûte souvent très cher à la Sécurité Sociale (soins, médicaments, amputations "morceau par morceau", etc...). Son niveau de prévalence est, nous l'avons vu, proportionnel à la part de malbouffe dans l'alimentation. [2]
  Laquelle malbouffe comprend évidemment les sodas qui en forment la part la plus dangereuse si l'on en croit un important article de l'American Journal of Clinical Nutrition paru en 2006 et démontrant, le rôle des sugar-sweetened beverages dans le développement de l'obésité notamment au travers de leur capacité à tromper les mécanismes de satiété.
 Une capacité sans surprise bien supérieure à celle des produits solides.
Sodas dont le niveau de consommation évolue depuis des années en proportion inverse de la consommation de vin.
 Serait-il dés lors cohérent qu'un éventuel amendement visant à accélérer cette tendance soit déposé dans le cadre du PLFSS ?
  b- même question concernant  les cancers à la lumière des recommandations du WCRF (voir plus haut).
  c- l'entame de cet article évoquait des études portant deux espèces appartenant au règne animal mais on pourra peut-être nous objecter qu'il s'agit d'espèces éloignées de l'humaine et que les expériences en laboratoire portent de préférence sur les souris pour cause de plus grande proximité (Voir ceci)
 Alors cette 3° objection sera étayée par une étude menée sur des souris.
Elle suggère que le resvératrol, la "star" des polyphénols du vin, pourrait réduire le risque de chute chez les personnes âgées.
Et comme pour ces personnes les chutes sont la principale cause de décès accidentels, cela n'aura sans doute pas manqué d'intéresser nos gestionnaires.
 D'autant plus qu'il ne semble pas que dans l'expérience considérée les souris témoins aient été l'objet d'une quelconque administration de soda-cola, boissons qui, concernant l'espèce humaine, remplacent très souvent le vin lorsque les manœuvres de dissuasion ciblées font leur effet.
C'est d'ailleurs ce qu'avaient finement observé les cocacolonisateurs avant le déclenchement de leur offensive dans les années 50, théorie de Ledermann à l'appui.
 Or celui de ces sodas principalement consommé (et non seulement lui) comporte dans sa composition, entre autres éléments délétères, une dose d'acide phosphorique susceptible d'entraîner une certaine fragilité des os en cas d'usage quotidien ou ponctuellement immodéré.
 De quoi optimiser les pertes d'équilibre !
 Mais nous nous devons d'attirer l'attention sur le fait que toutes les chutes ne sauraient être immédiatement mortelles.
Et que les cas de mort différées au terme d'une longue agonie pour cause d'existence solitaire et isolée ne sont pas si fréquents que cela.
 Par contre, là aussi, les frais d'hospitalisation, de soins, d'adjonction de prothèses, etc... peuvent se révéler extrêmement coûteux !
 A la lumière de ces trois exemples et de bien d'autres que nous pouvons fournir et avant toute initiative telle que le dépôt de l'amendement en question,  ne faudrait-il pas que les mutuelles complémentaires santé soient consultées ?
 Pour les assurances obsèques, pas la peine : on peut facilement imaginer quelle serait leur réponse !
 Nous ne pouvons, par contre, préjuger du choix qui sera fait par les législateurs.
En effet, aucune publication ne nous informe sur la part œnophile d'entre eux ni sur le niveau qualitatif moyen que cette part a coutume d'apprécier.
 Si nous détenions cette information, nous pourrions sans risque nous aventurer à prévoir ce choix et cela à la lumière de la pensée de Montaigne : «Servez leur du bon vin, ils vous feront de bonnes lois». [3]
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Notes de bas de page
[1]- On remarquera qu'au début des années 90, au moment de la loi Évin,  la majorité actuelle était au pouvoir tandis que de 2003 à 2011 (PNNS 1, 2 et 3) c'était l'actuelle opposition.
 On ne nous fera pas le coup de la "polémique partisane" : nous ne sommes pas des "perdreaux de l'année" et prenons toutes les précautions nécessaires !
[2]- Dés 2004, le bon docteur Jean-Marie Le Guen était conscient de quelle serait la priorité nutritionnelle du XXI° siècle puisqu'il écrivit un livre intitulé "Obésité, le nouveau mal français".
 On peut dès lors être étonné de sa position en 2009, lors du débat concernant la possibilité pour le vin de communiquer sur Internet. Une position totalement hostile sans qu'il demande en même temps la suppression de cette possibilité pour les produits qui provoquent ladite obésité.
 Tout aussi paradoxale fut son attitude le 29 Octobre de la même année, à l'occasion de la discussion à l' Assemblée Nationale, d'un amendement proposé par la commission des finances sur la base d'un rapport IGF-IGAS et visant à instituer une taxe sur les boissons sucrées, puisque, déployant des trésors de rhétorique, il intervint pour s'opposer à cette éventualité !
 Mr Le Guen étant membre d'un parti politique, cette précision peut amener certains à nous reprocher de déroger à notre règle d'équilibre et de neutralité exposée dans la note précédente et ce serait compréhensible.
 Pour notre défense, nous avons à dire ceci : nous considérons Jean-Marie Le Guen comme un cas particulier, un parangon archétypal d’œnophobie et nous sommes convaincus que son attitude serait la même s'il siégeait sur les rangs du camp d'en face.
 Évidemment, pour nous c'était beaucoup plus facile lorsque son "jumeau de l'autre bord", Yves Bur siégeait également à l'Assemblée Nationale (voir notre article 13 à table, Daltons et Dupont-Dupond)...
Mais ça ne nous empêche pas de souhaiter une bonne retraite à Mr Bur !
[3]- citation déjà employée en fin de page de notre article du 10/08/12 : Psycho-activité positive.
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Une réflexion au sujet de « Financement des retraites : calcul pervers ? »

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