Reconversion sans rupture

IL ya quelques jours, l'échange entretenu avec l'un de nos lecteurs, "Rougequitache", nous a donné à réfléchir (voir en bas de page : Click).
Notamment en ce qui concerne le budget de nos adversaires.
Et aussi sur certaines notions.
Exemple : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pantouflage.

De : Avenue Duquesne, 75007 Paris À : Rue Saint-Fiacre, Paris

Nous avions eu. la semaine précédente, compte tenu de la bagarre en cours, à surveiller de près l'agitation médiatique.
Cela nous donna l'occasion de visionner, entre 2 publicités pour un célèbre soda-cola à base d'acide phosphorique carbo-hydraté, à une émission intitulée" Le grand décryptage" sur la chaîne d'informations continue I télé.

C'était le 12 juin :

C'est ainsi que nous pûmes (de 28 min 20sec à 28 min 40 sec) entendre le secrétaire général adjoint de l'ANPAA, préconiser la "taxation au degré" du vin, ce qui pénaliserait considérablement la consommation des ménages modestes soucieux de perpétuer une très ancienne pratique nationale.
Pratique qui a contribué à faire de notre pays, aux yeux du monde entier, celui de "l'art de vivre à la française".
Et conféré à ses ressortissants un enviable niveau d'espérance de vie.

La préconisation émise par ce monsieur constitue l'objectif sous-jacent. à toutes les manipulations contre le vin.
Un exemple parmi d'autres ?
Relire notre article "Nous y voilà !".
Un autre ?
Pas de problème : "Agression œnophobe, à la découverte des motivations".

Selon les comptes présentés par l'ANPAA (20, rue Saint-Fiacre, 75002 PARIS), cela à l'occasion de son Assemblée Générale en 2014, cette association bénéficiait en 2013 d'un "total produits" de plus du 85 millions d'euros.
Un budget en constate augmentation malgré la baisse tout aussi constante de la consommation d'alcool.
Et alimenté essentiellement par le Ministère de la Santé ( 14 Avenue Duquesne, 75007 Paris).

Un ministère au sein duquel le secrétaire général adjoint et désormais fréquent porte-parole de l'ANPAA, avant de devenir un personnage important de cette organisation, occupait un poste de haut niveau.
Du moins selon ce site : http://www.franceinter.fr/personne-bernard-basset.

Le trajet n'est pas trop long entre l'avenue Duquesne et la rue Saint-Fiacre : environ 17 mn (voir plan en haut de page).

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Anti-vino business

"Vino business" d'Isabelle Saporta peut être considéré comme un documentaire à charge contre les vins français. 
  Du moins en ce qui concerne le millésime 2013 et par globalisation.
Nous le prouvons ici au travers d'un propos précis et très... étonnant de la part d'une personne qui se prétend «journaliste spécialisée dans les questions agricoles» (33° seconde :  http://pluzz.francetv.fr/videos/vino_business_,109162591.html).
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À 28 min 38 sec, elle nous dit que «dans toute la France viticole, la météo, au printemps  2013, a été catastrophique».
 Compte tenu de ce qui a été dit auparavant, on comprend que la quasi-totalité des vignerons français a donc eu recours à un emploi massif de pesticides et que les vins qui ont été élaborés consécutivement pourraient bien provoquer de graves désagréments sanitaires chez ceux qui les consommeront, etc...
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Or, au printemps 2013, la météo n'a pas été catastrophique dans toute la France viticole puisqu'un certain nombre de régions ont été épargnées et que les vins de ces régions, cette année là, ont constitué sensiblement la moitié de la production nationale si l'on excepte la part de celle-ci destinée à être distillée afin de produire des spiritueux !
 Cela, une «journaliste spécialisée dans les questions agricoles» doit le savoir, non ?
Alors pourquoi dit-elle l'inverse ?
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Précision
Quels sont les vignobles qui ont eu plus de chance ?
 Nous ne le dirons pas ici car nous avons à cœur, nous, de n'en discréditer aucun, ne serait-ce que par défaut. [*]
 Et aussi de défendre tous les vins de la même manière.
Plus exactement de défendre le vin.
 C'est un peu la même nuance qui existe entre philanthropie et humanisme...
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Bande-annonce
Nous avions évoqué à la fin de notre billet précédent la désastreuse phrase : «tu bois une bouteille, t'a un cancer».
 Laquelle avait été mise en exergue dans la bande-annonce censée promouvoir le documentaire auprès des téléspectateurs.
Pour en savoir plus du contexte dans lequel elle avait été prononcée, il faut visionner la séquence qui commence à 0h 58 mn 20 s.
Et dure 2 minutes.
 On s'aperçoit alors qu'il s'agissait d'une boutade concernant l'établissement d'un vignoble hypothétique dans une zone très éloignée de la France.... et en plus qu'elle s'appuie sur une analyse qui n'engage que son auteur [**].
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Audience
Selon les sites spécialisés le documentaire n'a été vu que par 1 203 000 personnes, soit 4,8% du public : un score «très faible» pour France 3 : http://www.ozap.com/actu/audiences-esprits-criminels-puis-l-amour-est-dans-le-pre-en-tete-france-3-faible-a-egalite-avec-w9/455246.
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Regret
Après avoir fait partie des 1 203 000 personnes ci-dessus mentionnées, nous n'en éprouvons aucun pour ne pas avoir lu le livre d'Isabelle Saporta (éponyme : "Vino business") qui est paru en février dernier.
 En matière de «questions agricoles» et notamment viticoles, d'autres sources nous paraissent bien plus crédibles car à nos yeux crédibilité et sensationnalisme anxiogènes s'accordent rarement !
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Conclusion
On ne peut pas, à proprement parler, dire que Mme Saporta fait partie, à proprement parler, de l'"anti-vino business", le business des études, rapports et communication hostiles au vin.
 Lequel est constitué par les œnophobes récurrents commandités par les fachygiénistes taxœnomanes d'un certain ministère, divers personnages dont nous parlons régulièrement ici.
 Mais nul doute que son documentaire a fait la joie de ces derniers.
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Note de bas de page 
  [*] De même, nous ne rentrerons pas dans les querelles entre vignerons dont se délecte Mme Saporta... quant elle ne les suscite pas.
Car toute divisions affaiblit la cause commune : «Toute maison divisée contre elle-même ne subsistera pas». Matthieu (12-25)
  [**]Rappelons que des raisins secs et du vin sont élaborés dans la Dépression de Turfan ( 吐魯番盆地) depuis des millénaires, donc sans aucun pesticide de synthèse : http://www.chinevoyage.com/turfan/vallee-du-raisin.htm.
Bien avant certaines régions d'Europe !
 Et que cette dépression à la pluviosité extrêmement faible, se situe dans la Région autonome ouïghoure du Xinjiang  dont il est question (en ouïghour : شىنجاڭ Shinjang ; en chinois : 新疆).
 Peut-être même était-ce à cet endroit précis que le vigneron-consultant avait été amené : il nous l'a semblé au vu des montagnes environnantes... et du vignoble en place !
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Adriana

Mardi dernier, Jean-Jacques Bourdin recevait François Hollande sur son plateau et nous en avons parlé : Click.
C'était le matin.
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Le soir du même jour était diffusée une émission présentée par Adriana Karembeu et Michel Cymes intitulée «Les pouvoirs extraordinaires du corps humain» :
 Elle comporte certains détails "amusants".
Notamment lorsque, à la 15° minute, on nous amène à «Hasparren, au cœur du paradoxe français» et qu'il est précisé que «ici on mange gras mais on vit plus longtemps».
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Nous nous attendons, bien entendu, à ce qu'il soit fait état des travaux du très regretté Pr Serge Renaud.
 D'ailleurs, la bande annonce qui invitait à voir cette diffusion et qui nous avait mis en appétit (si l'on ose dire) débutait ainsi : «Adriana Karembeu et Michel Cymes, la top model et le médecin embarquent pour le Sud-Ouest, une des régions où les Français vivent le mieux et le plus longtemps». Click.
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Eh bien pas du tout !
 Bien au contraire, on va progressivement, en nous entraînant d'Hasparren jusqu'à Malibu, en Californie, nous vanter les vertus du végétalisme, régime ne comprenant aucun produit d'origine animale : ni viande, ni œufs, ni lait, ni miel, etc...
Sans bien sûr indiquer que, de fait, beaucoup de vins sont aujourd'hui végétaliens : Click.
 La boisson idéale semblant plutôt être une sorte de jus de chou frisé (26° minute).
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De vin, il en sera parlé uniquement 2 mn avant la fin, et encore pour se moquer gentiment d'une jeune dame qui évoquait une grand-mère qu'elle avait connue, laquelle était décédée à 101 ans au terme d'une vie caractérisée par un formidable optimisme et qui en buvait un verre tous les jours.
 «Ah non, mais ça c'est trop facile !», lui répondra Michel Cymes.
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Trop facile, pas assez exotique et œnophobiquement incorrect : bien beau que la séquence n'ait pas été coupée au montage !
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Particules fines

Démonstration

Beaucoup d'émoi, ces jours derniers autour du pic de pollution atteint dans toute une partie de notre pays et notamment à Paris.

 Remise en cause de l'avantage fiscal depuis longtemps octroyé au gazole comparativement à l'essence sans plomb.
L'occasion pour nous d'appeler une fois de plus à se reporter au Global Health Risk de l'OMS, et plus particulièrement au tableau de la page 11, qui porte sur les facteurs de risques de décès.
 Et encore plus particulièrement sur la partie qui se trouve en bas à droite de ce tableau, celle qui concerne le groupe de pays auquel appartient la France.
 On constatera que la pollution urbaine est un facteur de risque 1,5 fois plus élevé que l'usage de l'alcool... mais aussi 6 fois moins élevé que le total présenté par les facteurs de risques liés à la malbouffe (excès de sucre dans le sang, surpoids, obésité).
Lequel total est donc près de 10 fois plus élevé que le risque alcool.
 Mais beaucoup moins taxé !
Et nettement bien moins souvent évoqué par les responsables de la santé publique...
 Ces 2 dernières remarques valant également pour le gazole.
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Conclusion
On parle souvent du "lobby viticole" ou de celui des constructeurs français de voitures diesel...
 Et aussi des fabricants de pesticides, des OGM, etc...
Mais le plus puissant est sans nul doute le lobby des fournisseurs d'hydrates de carbone puisque les méfaits de leurs produits, bien supérieurs à ceux de tous les autres cumulés, ne sont pratiquement jamais montrés du doigt par les instances politiques de diverses obédiences.
 Et encore moins combattus, évidemment !
Et tout cela se fait dans la plus grande discrétion car la règle est que le lobby le plus efficace est celui dont on ne parle jamais.
 Ou presque jamais : voir notre article du 21/06/2012.
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Possibilité d'objection 1
On pourra éventuellement nous reprocher de n'avoir pas pris en compte l'hypertension artérielle dans les causes de décès attribuable à la malbouffe  alors que celle-ci représente un risque supérieur à l'hyperglycémie, au surpoids et à l'obésité réuni.
 En arguant que ce fléau est particulièrement dû à l’excès de sel d'une part et qu'une consommation modérée d'alcool en protège quelque peu : lire CECI.
Et il est vrai que la malbouffe joue beaucoup sur l'effet exhausteur de goût que constitue le couple "chlorure de sodium-hydrate de carbone".
 Nous ne l'avons pas fait par honnêteté car l'abus de sel, selon les individus, peut se retrouver aussi dans l'alimentation traditionnelle et qu'au delà des limites d'une consommation modérée, l'alcool ne protège plus mais peut aussi aggraver le problème.
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Possibilité d'objection 2
On pourrait aussi nous dire que la comparaison des substances dont nous parlons avec d'autres (pesticides, OGM, particules fines), n'est pas pertinente puisque dans le cas des premières, nul n'est obligé d'en absorber en excès.
 Cette objection est en partie recevable, mais en partie seulement, nous semble-t-il.
En effet, on peut considérer que l'autorisation illimitée, par l'intermédiaire de divers moyens publicitaires, de matraquer la lucidité des consommateurs sans qu'aucun véritable contre-feu ne soit mis en place, peut altérer l'instinct de survie de beaucoup d'entre eux (enfants, adolescents ou même adultes).
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Remarque
 Il faudrait faire preuve d'un incroyable manque d'ambition économique, lorsqu'on dispose de telles influences et de tels réseaux pour ne pas les mettre pleinement à profit.
Par exemple en faisant en sorte que le vin soit le plus diabolisé possible afin que certains sodas bien connus prennent définitivement sa place sur la table des français.
 Certains de ces sodas, et vraiment non des moindres, étant à base d'acide phosphorique carbo-hydraté additionné de quelques ingrédients pour le moins... suspects..
C'est bon pour la santé, ça ?
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Converti ?

 Notre président de la République, peut-être désireux de ressembler à son prédécesseur, s'est-il converti à l'abstinence ?
Jusqu'à éviter le moindre contact avec le vin ?

 Jusqu'à en être insincère et... carrément incorrect ?

Voir ceci de 6mn 40sec à 7mn'12sec :
 Les plus superstitieux se poseront une autre question : nos relations avec la 1° puissance mondiale se trouvent-elles vraiment sous de bons auspices alors que le chef de l'Etat français se refuse à boire ne fût-ce qu'une goutte «à l'amitié franco-américaine» ?
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 Ce n'est pas la première fois qu'une telle attitude de sa part est observable lors de visites présidentielles à l'étranger et cette conversion semble dater d'avant la fin de l'année dernière.
 Voir cette scène qui se passe au Brésil en décembre dernier (de 2mn 30sec à la fin) et qui semble aussi procéder du fameux "zèle des convertis" (sans prosélytisme toutefois) :
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 Nous parlons de conversion car nous nous souvenons que lors de la dernière campagne électorale présidentielle, François Hollande s'exprimait très positivement à l'égard du vin, narrant sa propre première expérience : http://malolactik.com/2011/09/30/exclusif-malolactik-francois-hollande-donne-sa-vision-du-vin-en-france-nous-avons-un-potentiel-de-developpement-considerable/.
 Et parce qu'il y a peu de mois encore, il soutenait par le geste «la 2° activité exportatrice de notre pays» (la première non délocalisable). Voir cette image :  http://www.cequivavraimentsaoulerlesfrancais.fr/vin/assets/img/cequivavraimentsaoulerlesfrancais-campagneinterpellation-hollande.jpg.
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 Or qu'avons observer à l'occasion du voyage du Président de la République aux USA ?
Que parmi les 40 chefs d'entreprise qui avait été invités à l'accompagner, aucun représentant de la filière viti-vinicole ne figurait !
 Pas plus que le ministre de l'Agriculture ne faisait partie des membres du gouvernement qui étaient du voyage...
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 Mais la promotion du produit le plus emblématique de notre pays a quand même été assurée puisqu'au cours du dîner d’État, «Barack Obama a salué la France lors des toasts, citant notamment Alexis de Tocqueville et saluant les produits français comme "les films, la nourriture, le vin... surtout le vin"» : Click (3°§).
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 Pour nos exportations, pour l’œnotourisme en France, pour la valorisation de notre patrimoine culturel et gastronomique : merci monsieur le Président... des États Unis d'Amérique !
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