2009 : l’affaire de la brochure

Le contexte : 

 Au début de l'année 2009, le Parlement s'apprêtait à débattre de la loi Hôpitaux Patients Santé Territoires qui comprenait un volet portant sur une mise à jour de la loi Evin, laquelle, datant de 1991, ne prenait pas en compte un nouveau vecteur de communication : Internet.
 Les oenophobes prohibitionnistes étaient déjà vent debout contre cette actualisation tandis que les défenseurs du vin se battaient pour que les vignerons obtiennent le droit de présenter leur domaines et leurs produits par l'entremise de ce nouveau média.
  Le 14 Février, discrètement, était finalisé un rapport qui allait être remis au Président de la République 15 jours plus tard (01/03/2009) : "Recommandations pour le Plan Cancer 2009-2013".
 Il comprenait à l'égard du vin des préconisations fiscales d'une extrême gravité : lire les 2 dernières mesures de la page 50.
L'attaque :
 Le 17 Février une conférence "grand public" était organisée autour de 3 personnes : Mr Didier Houssin (Direction Générale de la Santé), Mr Dominique Marraninchi (Institut National du Cancer) et Mme Paule Martel (réseau INRA-NACRe).
 Le but était de présenter une brochure PNNS (Plan National Nutrition Santé, "patron" : Serge Hercberg).
  On put entendre à cette occasion des phrases terribles.
En particulier celle-ci : «toute consommation quotidienne de vin est déconseillée» :
 Sur la brochure elle même était porté : «»... toute consommation d'alcool, et notamment de vin, est déconseillée«».
.S'ensuivit immédiatement une épouvantable campagne médiatique, avec des articles aux titres souvent ravageurs : exemple.
Controverses, émoi, occupation des esprits, défiance à l'égard du vin...
 Et le 27 Février, les recommandations pour le plan cancer étaient remises au Président de la République !
La contre offensive :
  C'est dans ces circonstances que naquit notre association : relire notre article du 19 Mars 2009.
Outre un certain nombre d'actions de type juridique, elle engagea immédiatement une opération de vérification des sources invoquées par les auteurs de la brochure.
 Et notamment de la principale d'entre elles, le rapport du World Cancer Research Fun 2007.
       Et là... surprise !
Nous nous rendons compte de très importantes différences entre l'original et le "sous-titrage", des différences induisant même parfois quasiment des distorsions de sens que nous nous hâtons de rendre publiques et de mettre en évidence.

La preuve ?
Ci-dessous à gauche, reproduction du tableau page 373 du rapport (http://www.dcscience.net/WCRF-Marmot-Report.pdf) avec traduction en vis à vis :

tableau wcrf   tableau wcrf fr

Et voici la traduction certifiée des lignes 3 à 15 de la page 374 :
La commission conclut qu’il y a suffisamment de preuves pour dire que les causes d’un grand nombre de cancers, y compris des cancers communs, sont dus à l’excès de gras corporel ou à l’inactivité physique. Pour cette raison, les trois premiers groupes d’objectifs et recommandations ont été mis au point pour servir de point de départ pour la politique, les programmes et les choix dont le but est de maintenir un poids corporel sain et de continuer à pratiquer une activité physique tout au long de la vie. Les cinq recommandations générales restantes n’ont pas de priorité particulière, elles sont traitées au fur et à mesure selon les sujets  des chapitres de la deuxième partie. Après les huit premières recommandations, il y en a deux plus particulières, une sur l’alimentation au sein de nourrissons et l’autre sur les survivants de cancers, et qui visent un groupe spécifique de personnes.

On notera donc au passage que les trois premières recommandations (dont celle qui concerne les boisson sucrées) sont considérées comme étant prioritaires contrairement à celles qui suivent (dont celle qui concerne les boissons alcoolisées).
Mais ça c'était en 2007 !
Et c'était (de notre point de vue, bien sûr) en progression au regard du rapport 1997 que nous possédons version "papier".

Ainsi donc la brochure déconseillait toute consommation d'alcool alors que ce que le rapport avait préconisé était seulement de limiter la consommation d'alcool (6° recommandation).

 Par contre la brochure ne disait pas un mot sur les boissons sucrées alors que le rapport recommandait tout particulièrement de les éviter (3° recommandation).
 Et l'ordre des recommandation était clairement indiqué comme significatif.
 Nota Bene  (15/09/2016) : auparavant, plutôt que reproduire les tableaux, nous invitions le lecteur à vérifier nos affirmations au moyen de la traduction officielle du Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer à l'intention des populations francophones.
Mais malheureusement le lien ne fonctionne plus:  http://www.wcrf.org:443/www.wcrf-fr.org/comment_prevenir/nos_recommendations.php.

Parallèlement au travail dont nous venons de parler, nous demandons que nous soient indiqués quels avaient été, antérieurement à la rédaction de la brochure, les parcours universitaires et professionnels des 4 rédactrices de celle-ci : Mmes Raphaëlle Ancellin, Émilie Barrandon, Nathalie Druesne-Pecollo et surtout Paule Latino-Martel (Paule Martel pour la presse).
 Pas moyen de les obtenir ! Nous irons jusqu'à saisir la Commission A... des Documents Administratifs rien à faire !
A ce jour, nous n'avons pas encore réussi à percer ce secret.
Nous avons dès cette époque ouvert notre blog et ferons dès lors part du résultat de nos investigations ouvertement en faisant en sorte que de tout cela "qui de droit" soit informé, notamment grâce au réseau d'"influents" que nous avons pu organiser grâce aux multiples bonnes volontés qui se sont spontanément portées à l'appui de notre action.

   Mais nous continuons de travailler sur le fond et cela avec d'autres organisations de défense, telle que celle de nos amis des "4 vérités sur le vin".

Nous rencontrons notamment une personnalité particulièrement éminente en matière d'épidémiologie dans le domaine du cancer qui nous explique de quelle manière les chiffres du rapport d'origine ont été "interprétés".

Une très bonne analyse paraîtra par la suite sur le blog des "4 vérités".

L'évolution du dossier en 2009 :
 La polémique enfle. Des questions se posent. De plus en plus de scientifiques protestent.
Début juin, nous apprêtant à faire constater par huissier, dans le cadre de la procédure juridique engagée, la présence de la brochure de l'INCa ne s'y trouve plus et a été remplacée par une autre, plus ancienne et moins nocive.
Et finalement, Mme Roselyne Bachelot, à l'époque Ministre de la Santé, décide de consulter à ce sujet le Haut Conseil de Santé Publique. Résultat : un désaveu !
Nous apprendrons par la suite que la plupart des milliers de brochures imprimées -qui devaient être gracieusement envoyées aux médecins généralistes- avait été envoyées au pilon !
 Plus tard, le ministère de l'Agriculture nous fait discrètement savoir par l'entremise d'un responsable important de la filière viticole que le projet de sur-taxation du vin dès 2010 avait été abandonné... ce qui démontre bien que projet il y avait !
 Entre-temps, le vin a obtenu droit de cité (très encadré) sur internet.
Par la suite :
 À partir de ce moment, même s'il est encore souvent parlé d'alcool et pratiquement jamais des méfaits des sodas, du moins dans les sphères officielles, le vin ne sera plus tout particulièrement ciblé comme en atteste cette information verbale.
 Il y a foultitude d'exemples mais le plus significatif est à entendre de la bouche même de la papesse incontestable de l'oenophobie, Paule Latino-Martel : écouter.
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Mais nous continuons à veiller car le projet d'ultra-fiscalisation reste présent dans beaucoup d'esprits... ainsi que certains autres !
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4 réflexions au sujet de « 2009 : l’affaire de la brochure »

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